Philosophie et management de transition
Quand j’ai créé mon activité indépendante, j'ai voulu une adopter une identité de marque simple.
J’avais eu des idées plus sophistiquées un peu plus tôt, avec un joli logo d’ailleurs, mais je ne m’en étais finalement jamais servi.
Un ami qui compte dans ma vie professionnelle m’a suggéré PhE.
Cela tombait bien, ce sont les initiales que j’utilise quand je signe quelque chose. Jamais PE, toujours PhE. Coquetterie.
L’ami en question est anglophone. Les correspondances professionnelles que j’avais avec lui étaient toutes signées ainsi.
Lui, il y lisait quelque chose qui lui faisait penser au PhD, l’abréviation du « Philosophiae Doctor ».
Je ne suis pas PhD mais je suis bien PhE et d’ailleurs, me dit-il, « c’est exactement ce que tu fais ». Tu es un « Engineer of Philosophy »
La communication d’une organisation c’est de la philosophie en mouvement.
Travailler sur les messages, le récit, la mise en perspective de l’action d’une organisation, c’est aborder toutes les questions auxquelles cette organisation prétend apporter des réponses, savoir faire varier les angles, être capable de proposer à cette organisation une vision systémique de son approche.
Bref, PhE s’annonçait comme un choix excellent.
Et cela se marie très bien avec les stratégies de négociation, la communication pendant une négociation étant d’ailleurs un paramètre clé à prendre en compte, à préparer et à ajuster.
Ce que j’en fais, je le raconte aussi ici
En matière de management de transition dans la communication, pratiquer « l’engineering of philosophy », c’est savoir aller vite à l’essentiel, se concentrer sur les messages et être vigilant sur le timing. Un bon message arrive à temps et dans la bonne oreille.
J’ai beaucoup pratiqué les entreprises de nouvelles technologies. Souvent ce qu’elles font ou ambitionnent est peu ou mal compris. De plus, si ce sont des entreprises non françaises voire extra-européennes, elles seront souvent caricaturées comme des « géants » qui veulent nous écraser et en même temps elles fascineront.
Le travail du responsable de la communication va donc consister à mettre l’entreprise, la technologie, l'innovation, à la portée du public, du consommateur, mais aussi à la portée du décideur et des responsables publics (élus, gouvernement, pouvoirs publics), cette dernière catégorie de publics étant bien souvent la moins « early adopter » de toutes, la plus emberlificotée dans des calculs fort peu compatibles avec l’innovation et les ruptures qu’elles sont susceptibles de créer.
Les visions du monde s’entrechoquent fort dans ces situations. C’est là qu’un peu « d’ingénierie philosophique» peut faire du bien. Et ça tombe bien, en face, ceux avec lesquels le responsable de la communication va travailler, ce sont aussi des ingénieurs !

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