mercredi 29 avril 2015

C'est parfois fatigant de lire le journal

Vraiment, je ne sais pas comment c'est pour vous, mais de mon côté je trouve que c'est l'horreur. J'ai été un très gros consommateur de médias, j'ai vraiment adoré ça, mais alors, depuis plusieurs mois, beurk beurk beurk, je ne sais plus ce que je peux encadrer.

J'ai d'ailleurs lu je ne sais où qu'un nombre croissant de personnes se passent des médias : ils ont envie de retrouver un peu de recul face au déluge d'événements. En général, un déluge de mauvaisetés (je sais ce mot n'existe pas mais je l'aime).

Un journaliste tout à fait remarquable, Guy Birenbaum, en a même fait une dépression majeure. Or c'était l'homme qui commentait l'actualité des réseaux sociaux sur Europe 1. Je trouve son histoire impressionnante.

Suis-je fatigué ?

Chers clients, payez moi plus afin que je prenne plus de vacances !

Nota aux benêts : oui, quand on n'est pas salarié, on se rend compte que les vacances sont un coût pour l'entreprise ; c'est dire si on se rend compte à quel point les 35h sont ruineuses. Mais bon j'arrête mon couplet.

Bref ce blog n'est ce mois-ci qu'une revue d'actus tellement je trouve ça difficile de m'attarder sur un sujet qui émerge vraiment

Les trucs qui me mettent de mauvais poil

- les propos de Fatou Diomé sur l'affaire des "migrants" sur France 2. Elle dit des choses bien intéressantes sans que je comprenne très bien pourquoi elle veut leur donner un tour accusatoire dans l'extrait que j'ai visionné. Du coup j'en ai marre. Le jeu du "c'est la faute à..." m'est franchement pénible. C'est quand même plus compliqué, non ? Et c'est un vrai sujet !  A quoi ça sert d'accuser sur un plateau télé ?

- sur ce même sujet des migrants, j'ai aussi l'impression qu'un grand nombre de propos très convenus entendus à droite ou à gauche ont déjà été moqués et dénoncés sous la plume narquoise de Jean Raspail, ce grand progressiste, dans "Le Camp des Saints", lu il y a au moins 30 ans (chuis pô jeune)

- les "breaking news" sur l'affaire du pilote de GermanWings qui a éprouvé le besoin de se se suicider avec son avion. J'en parle d'autant plus que, choqué par cette histoire, j'ai réalisé une nouvelle fois à quel point les chaînes d'info en continu sont addictives... et pas toujours à valeur ajoutée.

- les déclarations matamores : Le Pen et son compte en Suisse après son interview dans ce torchon collabo de Rivarol, Estrosi et sa cinquième colonne, Montebourg, le Tartarin de l'économie française, qui n'arrive pas s'en remettre qu'un miroir lui soit tombé dessus (il n'y a pas de coïncidence), on a le choix...

- les petits marquis de la bureaucratie : Agnès Saal, ci-devant patronne de l'INA, se fait choper sur une affaire d'utilisation invraisemblable de taxis. J'ai croisé ce personnage du temps où elle sévissait à la BnF. Elle m'avait laissé le souvenir de quelqu'un d'arrogant et de nuisible à mon pays dans son rôle de second couteau ramenard. J'ai signé une pétition pour qu'elle dégage. Plus de 30 000 signatures en une journée et au bout du compte, Mme Saal démissionne !  Bon débarras. Elle a osé dire qu'elle n'avait pas le permis. Elle a remboursé quand même, c'est la méthode Thévenoud ou Sarkozy. Je fais de grosses conneries mais si je suis pincé je paye et du coup on dit aux râleurs qu'ils doivent se taire. Ben voyons.

- les émeutes de Baltimore : la désespérance qui saute à la gueule. Puisque Fatou Diomé a la chance de voyager tout le temps, ce serait bien qu'elle prenne un billet en business class sur Air France et aille faire un tour à Baltimore pour donner des leçons aux Etats-Unis. Je suis sûr qu'ils attendent un prophète comme elle. A défaut, si elle n'a pas assez de miles pour traverser l'Atlantique, elle pourrait aller à Lampedusa pour mettre ses pieds dans le sujet au lieu de pérorer chez Taddei avant de prendre un petit gâteau à la fin de l'émission. Quand je vous disais que son discours accusatoire me la rendait inaudible...

- Un point particulier sur le Népal : les images que j'ai vues des avalanches dans l'Everest étaient vraiment flippantes et ce qui est filmé à Katmandou fait froid dans le dos mais je trouve les gens d'un héroïsme incroyable. Est-ce que nous saurions être aussi dignes ? Quand j'entends Fatou Diomé ou Christian Estrosi j'ai des doutes.

La revue des sujets où on peut et où on va y arriver

Les négociations industriels / distributeurs : Les industriels et les distributeurs sortent de plusieurs mois de bras de fer et ils sont épuisés. Chaque année c'est la même chanson et cette année a été plus fatigante que les autres. La situation économique ne permet pas de rigoler, c'est dire si les pressions sont violentes.

Du coup comme ils sont fatigués, les uns et les autres se mettent à réfléchir et je lis des choses formidables. Le lobby agro-alimentaire, l'ANIA, "milite pour la mise en place d'une formation commune entre acheteurs des enseignes et commerciaux des industriels pour faire évoluer la culture de la négociation" et au cabinet d'Emmanuel Macron, "on rêve d'insuffler une logique moins confrontationnelle et plus coopérative"...
J'adore. J'ai ce qu'il faut dans le coffre de ma R16, appelez moi !!
Tout ça dans un article du Figaro dont le titre n'incitait pourtant pas à l'optimisme sur le sujet.

Une fois qu'on aura plus ou moins dépollué ce secteur on pourra s'attaquer à l'Education Nationale, chantier pharaonique.

Je suis plutôt d'accord avec les réformes qui se pointent et je trouve que les élèves sont un paravent bien commode aux corporatismes enseignants... en même temps comment voulez-vous avoir des enseignants de bonne humeur alors qu'ils ont des traitements de misère ? Je sais bien que la pyramide de Maslow n'est pas un modèle suffisant mais comment voulez-vous exiger de la souplesse chez des gens plongés toute la journée dans un carcan incroyable, qui ne sont pas managés ou n'ont pas compris qu'ils gagneraient à l'être, (même si j'ai en tête des directeurs d'établissement à qui je ne confierai même pas une Fatou Diomé à manager) et vivent sous l'oeil accusatoire de parents d'élèves sourcilleux.

Pourtant je suis plutôt d'accord avec les approches mises en avant, même si bien sûr je comprends qu'on rigole des jargonneries sur les "milieux aquatiques standardisés" (au lieu d'écrire "piscine" !).

Juste une grosse différence : j'aurais généralisé les classes bilangues à tous dès la 6ème au lieu de les supprimer J'ai eu des enfants dans des classes bilangues et j'y ai vu, dans ma bonne banlieue bourge, l'élitisme forcené de parents incroyablement avides. Franchement, c'était déplaisant. C'est bien d'éviter de provoquer ça. Mais 2 langues vivantes, c'est chouette.

Alfred Grosser, le grand "passeur" de l'Allemagne en France, disait à l'étudiant de ScPo que j'étais qu'il fallait connaître deux langues étrangères.... et que l'anglais n'était pas une langue étrangère. Je n'ai pas été un très bon disciple, mais c'est sacrément juste.

Du coup on pourrait mettre l'arabe au programme. Ce serait utile, non ? ! Au moins autant que le chinois. On doit manquer de profs et d'argent pour les payer. A force de laisser croire que tout est gratos dans l'éducation... la pénurie s'installe. Mon médecin dit la même chose...

Je suis quand même content qu'on embête un peu le latin. J'ai tellement détesté la matière et ses profs... J'aime pas l'Empire Romain. Je préfère Astérix à Jules, Homère à Virgile, Aristote à Cicéron et Molière à Plaute. Par contre j'aurais réhabilité davantage le grec !

Bref, il ne faut jamais parler sèchement à un Numide... réplique culte du "Domaine des Dieux", supprimée, je ne sais pas pourquoi, du dessin animé sorti au cinéma il y a quelques mois, probablement pour ne pas froisser Fatou Diomé.

Y'a pas que les breaking news : Il faut parfois prendre du temps pour y voir clair. De ce point de vue, la série "Apocalypse" sur France 2, consacrée à la seconde guerre mondiale, diffusée ces jours-ci, est un pur chef d'oeuvre. Mathieu Kassovitz prête sa voix et il a un impact incroyable. Je suis stupéfait des images aussi. Pourtant, des documentaires sur la seconde guerre mondiale, j'avais l'impression d'en avoir avalé des kilomètres. Et bien , là, j'ai été scotché (et content de l'être).

Bon, c'est le joli mois de Mai. Bientôt Roland Garros !


vendredi 3 avril 2015

90 000 euros

Le patron de Radio France se fait casser la tête par le Canard Enchaîné car il paie, entre autres turpitudes dénoncées par le palmipède du mercredi, un conseiller en com' 90K€ à l'année.
Et comme le Canard aime montrer qu'il en a sous les plumes, il ajoute que, quand ledit patron officiait au même statut à l'INA, il payait le même gars pour la même mission près de 120 K€ si je ne m'abuse. Etant donné le bazar à gérer en ce moment chez Radio France, mon honorable confère s'est sérieusement gouré dans son prévisionnel. Mais passons.
Ce qu'il y a de bien avec la presse, c'est qu'on n'est jamais déçu. Quand ils en tiennent un, ils ne le lâchent pas. Pour ma part, comme je ne connais pas l'histoire, chouette je vais pouvoir la commenter car je trouve qu'elle a du (ra)goût.
Elle a du goût car elle souligne une fois de plus la vaste incompréhension qui existe entre les médias et les conseillers en com'. Je trouve pour ma part que c'est une posture très hypocrite : si on se met à compter le nombre de journalistes qui se reconvertissent, ou veulent le faire, comme conseillers en com', on y passera le week end (prolongé) de Pâques.
De mon côté, je suis un conseiller en com' qui ferait bien du journalisme. Comme quoi... J'adorerai arriver dans une rédaction avec une étiquette de diable aux pieds fourchus.
Récemment interviewé par France Culture qui consacrait une émission au "Monde des Communicants", j'ai affronté la réflexion qui tue : "il y a de plus en plus de conseillers en com' et de moins en moins de journalistes, donc ça veut dire qu'on a été, qu'on est ou qu'on sera tous de plus en plus manipulés". Brr maman j'ai peur.

Je ne savais pas qu'il fut une époque où il y avait davantage de journalistes que d'entreprises, mais si ce fut un jour le cas ou s'il existe un endroit où c'est le cas, ceux qui y vivent doivent se retourner les poches en se demandant comment s'offrir un repas chaud.
Les responsables, petits ou grands, jeunes ou vieux, internes ou externes, salariés ou consultants, dans la communication, sont au service de l'entreprise et s'ils n'existaient pas, d'autres qu'eux feraient le job car lorsque l'entreprise rencontre un média, c'est un relation professionnelle qui se joue et il n'est pas inutile que l'on forme et que l'on installe des pros dans l'histoire.
Lorsque les amateurs s'en mêlent, ou bien les soi-disant pros, les résultats ne sont pas brillants. Les journalistes que je connais ou que j'ai connu savent bien faire la différence entre les pros et les escrocs. Au même titre que je sais dire à mon client s'il a à faire à un journaliste qui mène une enquête ou à un journaliste qui règle un compte ou mène une croisade... auquel cas personne n'est obligé d'avoir envie de se retrouver au milieu du champ de tir.
Cette bizarre équivalence entre le nombre de communicants et le nombre de journalistes me semble en effet dénuée de sens et juste refléter le malaise d'une corporation que par ailleurs j'adore et que j'aimerai bien voir arborer un autre visage que celui de la victime casse-couille à qui j'ai envie de botter le train, avec ou sans plumes, le mercredi ou les autres jours. Pardonnez mon absence de compassion.
L'autre goût de cette petite histoire est celle du service public. Je vais montrer évidemment la face noire de mon personnage : je suis résolument pour la disparition intégrale du service public de la radio et de la télévision, du CSA et de la redevance télé. Autant de bouches inutiles à nourrir en moins aux frais du contribuable nécessiteux.
J'avais prévenu que j'allais montrer ma face noire, j'espère que personne n'est déçu.
Quant à la valeur de la prestation, je laisse chacun en juger. Au tarif Syntec Relations Publics, qui est aux spin-doctors de tout poil ce que l'UIMM est aux métallos, 90K€ cela représente environ 45 / 50 journées de travail annuelles. NB : je suis parti dans l'hypothèse où mon éminent confrère n'était pas un consultant dit "junior".
C'est toujours moins cher qu'un avocat, dont M.Gallet va peut être finir par avoir besoin. C'est évidemment plus cher qu'une pige au Canard, ceci expliquant peut être la hargne de notre cher volatile.
Comme c'est Pâques, et que je suis copain avec les poules, les poissons et aussi les canards et même les lièvres ou les cloches, je souhaite de beaux oeufs à tout le monde. J'adore le chocolat, ça va être la fête.