lundi 16 avril 2018

Filochard, Ribouldingue.... et Croquignol ?


Ainsi donc les deux intervieweurs vedettes du moment, célébrés par leurs pairs, vantés pour leur punch, leur absence de complaisance pour les puissants, ces hommes que le monde libre tout entier nous envie, sont donc Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel.
Damned, voilà qui m'en bouche un coin.

Festival de narcissisme

J'avoue que le festival de complaisance auquel les médias se livrent de plus en plus souvent entre eux avant ou après un exercice comme l'interview de Macron au Palais de Chaillot l'autre dimanche, me semble complètement invraisemblable et décalé.

Dans le genre il n'y a que François Hollande pour les battre... l'homme qui dit que Macron aurait perdu l'élection si lui, François Hollande, avait fait campagne. Il ajoute qu'il aurait perdu aussi. Ah ah ah. Comme Fillon aurait récolté sa tempête, c'est donc la fille du facho ou l'autre énervé du Venezuela qui auraient gagné ? Nous l'avons vraiment échappé belle. Il a bien fait de venir nous raconter cela, pépère. On est content qu'il soit resté à la maison au lieu de faire campagne, s'il pouvait y retourner d'ailleurs pour y reprendre un croissant au beurre, surtout qu'il ne se gêne pas. Il nous manque tellement peu que le 20h de France 2 aurait eu une chute d'audience ce soir là... c'est trop drôle pour que j'arrive à le croire

Mais revenons à JJ Bourdin, l'homme qui cherche à mettre à mal les puissants, l'une des têtes de Turcs favorites de Nicolas Canteloup. Et à Edwy Plenel, le camarade de Tariq Ramadan.

Je les vois davantage comme des Pieds Nickelés : avec Edwy Plenel dans le rôle de Filochard, le gugusse qui soulève les poubelles, l'homme qui se fait condamner par le fisc parce que son journal ne paie pas ses impôts et dénonce Cahuzac en même temps. Quel talent. Pour en savoir plus sur le personnage, je conseille la lecture de "Mon Tour du Monde" d'Eric Fottorino, qui n'est pas un nervi ultra-libéral de mon genre mais un homme pondéré, qui a longtemps dirigé Le Monde et vu Edwy Plenel concrètement dans ses pompes et ses oeuvres. Le portrait n'est pas très glorieux.

JJ Bourdin tiendrait bien de son côté le rôle de Ribouldingue. Ribouldingue, c'est le plus crasseux des Pieds Nickelés, et JJ Bourdin, il me donne toujours l'impression de n'être pas net, d'avoir oublié la douche, ou le savon, je ne sais pas. J'espère qu'il n'a pas mauvaise haleine. J'exagère, pardon. Mais comme je me suis forcé à l'écouter pendant plus de 2 heures, je me relâche.

Reste une grande question : Macron fut-il Croquignol ? Je suis sûr qu'il aime le mot "croquignolet" en tout cas, et pour être "croquignolesque", cette interview le fut.

Les marches du Palais

D'abord, le cadre : le Palais de Chaillot. C'est intéressant car j'ai naturellement pensé à "La Folle de Chaillot" de Jean Giraudoux, une pièce qui se moque des affairistes... Je serai Macron, je n'aimerai pas cette association d'idées possible. Bon, il y avait la Tour Eiffel derrière, le téléspectateur américain qui verra (on ne sait jamais) l'image comprendra alors que c'est un Frenchie qui parle.
Mais quand même, serait-il possible de se calmer de temps en temps. ? En campagne, Macron avait donné une super-interview à Médiapart, dans les locaux de Médiapart, dans le bazar temporairement rangé de la salle de rédaction. J'aurai préféré qu'il y retourne, ou alors dans les studios de RMC ou de BFM, puisque JJ Bourdin était en tête de gondole.

Ensuite, l'arrivée sur "les marches du Palais". Macron aurait dû se méfier. Les commentateurs y ont vu un nouvel épisode du "Jupiter Walk". Rien que de la malveillance. Faut bien que la presse s'amuse, à défaut de gagner des lecteurs.

Presque trois heures !

Enfin le déroulement. Presque 3 heures. Du pur délire. Tout ça pour rabâcher les mêmes sujets depuis des semaines, parce que oui, oh hé la gauche socialo pur jus, c'est fini les bêtises. C'est fini, les odes à la France qui ne fait rien, qui baille aux 35 heures, qui laisse ses dettes à ses gosses. C'est terminé de jouer, fini les statuts infernaux qui sont autant de murs infranchissables pour les 6 millions de chômeurs, les migrants et tutti quanti, dans un monde où notre relation au travail change de fond en comble, sous les coups de boutoir du digital et de la tech' en général. Il est temps de bosser nom d'un chien.

Entre la droite neu-neu qui dit que c'était mieux hier et la gauche gnangnan qui dit qu'il faut faire autrement demain, après le grand soir, ce que j'aime en Macron, c'est qu'il s'occupe du temps présent. Nom d'une pipe, il y a un maximum de taf si nous ne voulons pas, à horizon 30 ans, que notre pays ait autant de poids économique dans le monde que la Thaïlande n'en a aujourd'hui (lisez Michel Camdessus pour comprendre cette comparaison)

Ce qui est dingue, c'est de se dire que Macron est allé raconter sa messe dans une école primaire de province trois jours avant et que les stratèges en com' de l'Elysée s'étaient dits que les "élites" (rires) qui, elles, ne regardent pas JPP à 13h, avaient besoin d'un service spécial, le dimanche soir, avec les deux encartés acceptés par la rive gauche.

Le pire est que les stratèges en com' de l'Elysée avaient raison.

Cela donne une idée du monde "morcelé" dans lequel nous sommes, où l'entre-soi domine. Et qu'on ne vienne pas accuser Facebook...

Pour des prunes

En plus, si vous voulez mon avis, tous ceux qui voulaient voir Macron mis en difficulté, s'énerver, s'embrouiller, que sais-je, tous ceux là, à gauche ou ailleurs, en sont pour leurs frais. Cette interview n'a pu satisfaire que les egos de Filochard, de Ribouldingue, des médias qui parlent des médias et des seconds couteaux qui hantent les plateaux de LCI ou de BFM, qui glosent ensuite jusqu'à plus soif dans le poste.

Tout cela compte pour des prunes parce que, même si machin râle à cause des 80km/h ou machine à cause de sa CSG, ou encore bidule à cause de son statut qui lui fait sentir qu'il est un dinosaure, eh bien les braves gens remarquent que le mec avance, qu'il prend des décisions, qu'il redonne un peu de lustre à un pays qui en avait perdu, qu'il ouvre les fenêtres et fait circuler l'air... que cela fasse tousser les trains ne durera guère. Bref, comme le disait dans une interview JPP avant son 13h : "les gens n'en disent pas de mal".

Quant aux facs, ce sont les vacances de printemps et les examens qui se pointent qui nous débarrasseront des glandeurs. Notre Plenel-Filochard finassait hier soir sur le score de Macron au 1er tour de la présidentielle, fallait oser utiliser cela pour "défendre"les zadistes ou des syndicats étudiants qui ne représentent rien ni personne, franchement rien ni personne, ce qui ne date pas d'hier. Mai 68 est une histoire de septuagénaires les gars, vos révolutions sentent la naphtaline. Quant aux favelas de ND des Landes, cette ZAD transpire le taudis, la misère et le shit mal cultivé. Toute cette agitation est bonne pour les télés d'infos continues, c'est tout.

Relisez plutôt les Pieds Nickelés.