lundi 23 mars 2020

900 millions face à la courbe



Il y a un mois, j'écrivais, disais-je, ma dernière chronique.
Mes fans pleuraient 😀

Je suis l'Aznavour de la chronique


Aujourd'hui, je fais comme Charles Aznavour, spécialiste des adieux à répétition, je recommence.
Car, depuis le 23 février, il y a le virus. Et 900 millions de gens "confinés" chez eux dans le monde. J'en connais de partout : à Hong Kong, à Amman, à New York...

Rappelez-vous Jacques Dutronc : Et moi, et moi, et moi (et il ne parlait que de 700 millions de Chinois à l'époque !)

Chacun se sur-informe et les sur-commentaires sont légion. Peut-être d'ailleurs devrai-je me taire. Mais bon, c'est le confinement. Je m'occupe. Pas envie d'atteindre les confins de l'ennui.

Les phases de l'opinion en situation de crise


Sur LCI hier soir, le journaliste Renaud Pila expliquait que face à des situations de crise, il y a "toujours" (sic), dans l'opinion, une phase de déni, une phase de colère et une phase d'acceptation.

Renaud Pila a oublié deux phases dans ces séquences qu'Elisabeth Kubler-Ross avait baptisées : "la courbe du deuil", qualifiée aussi parfois de "courbe du changement". J'ai déjà écrit plusieurs fois là-dessus, sur plein de sujets : lire ici, lire
Il oublie la phase de marchandage.
Il oublie la phase de tristesse, d'abattement

La phase de marchandage.


On y est. Et vous constaterez comme moi que chacun vit à son rythme sa progression dans la courbe et que celle-ci peut se parcourir dans des sens différents, le début restant a priori toujours le déni et la fin étant l'acceptation.

Donc nous marchandons la possibilité de sortir : jusqu'où je peux aller dans mon jogging ? Comme j'ai toujours eu, personnellement, une sainte horreur du jogging, je me marre. Et la misère des innombrables possesseurs de toutous en appartement m'amuse aussi, mais je ris moins fort, car parfois ça glisse sous les chaussures.

En guise de réponse, nous observons aussi les absolutistes, en l'occurrence des médecins, sous stress profond ce que nous pouvons comprendre, mais aussi les opposants à Macron car il n'y a pas de petits profits, mais là je suis moins compréhensif.

J'avoue avoir du mal avec l'idée de "confinement absolu" à la chinoise. D'abord parce que l'économie chinoise ne fonctionne pas sur les mêmes paramètres que l'économie européenne. Vous remarquerez que je ne parle même pas de démocratie. Juste d'économie, c'est à dire de possibilité d'avoir une subsistance.

Ensuite je n'aime pas l'idée car le seul confinement absolu réussi que je connaisse se trouve dans les cimetières. Je trouve paradoxal de vouloir y mettre tout le monde en avance de phase si je puis dire, pour éviter à certains de s'y rendre (toujours trop nombreux, on est d'accord).

Enfin nous avons tous plus ou moins et avec raison ironisé ou stigmatisé les gangs de stockeurs de PQ, de nouilles ou que sais-je. Alors, je trouve que le confinement dit absolu donne une prime à leur paranoïa, aussi je n'aime pas beaucoup ça.

Comme vous voyez, je marchande aussi

La phase de tristesse, d'abattement


Revenons sur la courbe : Renaud Pila oubliait aussi, avant la phase d'acceptation, la phase de dépression, d'abattement, de tristesse.

Cette phase de tristesse est celle dans laquelle aujourd'hui se retrouvent beaucoup d'Italiens.

Une de mes amies italienne me disait cela l'autre jour lorsque je lui demandais comment sa famille traversait cette situation.

Elle me disait qu'ils avaient peur et qu'ils se sentaient surtout tristes. Car ils sont de plus en plus nombreux à connaître quelqu'un ou une famille avec un malade, parfois grave, parfois avec un décès.

Donc préparons-nous à la tristesse.

L'acceptation, la renaissance, c'est pour un peu plus tard, cher Renaud Pila

PS en vrac : Agnès Buzyn ou l'absence totale de professionnalisme. J'espère bien qu'elle ne sera même pas candidate au second tour, ou à la nouvelle élection qui aura lieu tôt ou tard. Cette femme s'est déshonorée. A croire qu'elle ne connaissait pas "Un président ne devrait pas dire ça". Jamais de off, jamais, jamais, jamais. Quand est-ce que les egos des décideurs vont intégrer cette règle qui ne souffre aucune exception.
Ariane Chemin devait boire du petit lait mais elle aussi, comme la rédaction du Monde se sont déshonorés by the way. Elle a, ils ont abusé de la situation. C'est un coup journalistique c'est vrai. Ariane Chemin a fait gagner de l'argent à son patron. Brave fille. Elle croit combattre pour la vérité. Quelle arrogance.

PS bis : n'oubliez pas le nouveau rendez-vous : le blog du coach

Post-Scriptum le 26 mars : Plus de 2 milliards de personnes sont confinées sur toute la planète. C'est fou.
Sinon, la querelle autour de la chloroquine est exemplaire, à mes yeux, de cette phase de marchandage dans laquelle nous sommes entrés.