samedi 24 février 2018

Vive les passionnés !



Killy

Je lisais il y a quelques jours une magnifique interview de Jean-Claude Killy. Nous devrions lui élever des statues. Il raconte avec une grande simplicité que son but, déjà tout gamin, était de gagner un maximum de courses de ski, il y a mis toute son ardeur et son sens stratégique et il a tout raflé. Son message aujourd'hui est magnifique : "La France est un très grand pays, il faut simplement qu'on en soit persuadé". Je suis plus que jamais fan de ce genre d'attitude. Nous avons besoin de ces passionnés.

Macron

Ce que j'aime d'ailleurs chez mon président de la République c'est qu'il donne le sentiment d'être un tempérament passionné. A priori ce que nous savons de sa vie personnelle pouvait nous en prévenir. Les députés même les plus grincheux de l'ancienne législature l'avait aussi observée, cette passion, à l'oeuvre dans son intense travail de négociation pour faire aboutir ses premières tentatives de desserrer dans notre pays le poids des corporations et des chasses gardées.
Nous l'observons encore aujourd'hui alors qu'il lance une foultitude de réformes, au nom de la transformation (comment faire que la France pessimiste et grincheuse retrouve son enthousiasme et son optimisme). Quand il fait des discours incroyables pour faire aller l'Europe de l'avant, quand les gazettes racontent qu'il ne dort pas beaucoup et quand il nous dit, façon Kennedy mythique, de nous demander ce que nous pouvons faire pour notre pays plutôt que d'attendre le contraire.
Macron est passionné par son job. Il a des fourmis dans les jambes. Honnêtement, j'adore !

Sortir du "bore-out"

Quel courant d'air frais ! Qu'est ce que ça fait du bien ! Je ne voyais qu'un pays engoncé dans ses 35 heures moisies, davantage en "bore out" qu'en "burn out", et même si je constate encore pas mal de visages chafouins et méfiants comme des gales parfois, ce ne sont pas les bavasseries de l'ex-député de Haute-Loire qui vont me faire modérer mon avis. Ce grand bavard manipulateur voit son parti remporter deux micro élections avec 80% d'abstentions et il prend ça pour un signal. Allons donc, c'est surtout le signe que les personnels fatigués des Ehpads ont profité de l'aubaine pour proposer une sortie aux pensionnaires des maisons de retraite. Wauquiez, l'Elvis des déambulateurs... allez tournée de Flanby pour tout le monde. Pas cool pour Elvis.

Evidemment le printemps s'annonce avec un autre fantasme de psychodrame, celui de la grande grève des transports comme en 1995. Je n'y crois pas un poil. Quand la SNCF a connu autant de loupés techniques et autres ces dernières années (déraillements, pannes multiples, retards récurrents, déficits considérables, pertes de clients sans nom dans le frêt), je me dis que c'est comme pour le Bac, nous sommes bien prévenus que ça ne marche pas et les agents SNCF, comme les profs et les élèves, sont les premiers à en payer les conséquences ! Par conséquent, laissons Martinez, sa moustache, Méluche et ses potes de récré batifoler sur les plateaux, et attendons. Comme dirait Rantanplan 1er, ça fera pschitt, leurs abracabrantesques palinodies, vous verrez.
Dans le même esprit, regardons aussi du côté du Brexit. Je suis comme le journaliste Alex Taylor, je pense que les Grands Bretons iront à Canossa et se renieront tôt ou tard. Trop d'intérêts de toutes sortes sont piétinés par le Brexit. Quant à nous, que notre Président passionné soit devenu la première "marque" politique en Europe crée un "momentum" qu'il convient de ne pas laisser passer !

Les passionnés vivent

Lorsque je rencontre des dirigeants passionnés par leur job, ils font faire des choses remarquables à leurs organisations, en dépit des erreurs qu'ils peuvent toujours commettre. Qu'était Steve Jobs sinon un passionné, que sont les créateurs de start-ups sinon des passionnés, pour peu que la cupidité ne s'empare pas d'eux. Allez voir ou relisez La Promesse de l'Aube de Romain Gary, magnifique témoignage de ce que la passion peut aider à faire éclore. Et de la passion, il nous en faut pour trouver des solutions aux défis que nous pose l'accélération du monde, les défis climatiques, la contagion des gangsters barbus.

Tout ceci devrait nous inciter à nous souvenir de Chamfort, ce moraliste du 18ème siècle, dont une des maximes les plus connues est "les passionnés ont vécu, les raisonnables ont duré". Quand j'observe la SNCF, l'état de certains enseignants (pas tous quand même), l'état de certains managers ou dirigeants, je me dis que certaines "raisons" ont un peu trop duré. Vivons !



samedi 3 février 2018

Frankenstein 3.0 est une femme !



Au début du 19ème siècle, l'écrivain Mary Shelley accède à la notoriété avec son premier roman : Frankenstein. Une notoriété durable. Mary Shelley a touché une corde sensible : les braves gens s'inquiètent du futur ! Et surtout le soupçon pèse sur les inventeurs : le mythe de Frankenstein, c'est celui de la créature qui se retourne contre son créateur. Dans son cycle des Robots, un peu plus d'un siècle après Mary Shelley, Isaac Asimov définit ses 3 lois :
1- Un robot ne peut porter atteinte à un humain ni le laisser exposé au danger
2- Un robot doit obéir aux ordres donnés par un humain, sauf si ces ordres sont en contradiction avec la première loi
3- Un robot doit protéger son existence à condition que cette mesure n'entre pas en contradiction avec les deux premières lois
Avec de tels antécédents littéraires il n'est pas étonnant que le développement des systèmes ayant recours à l'Intelligence Artificielle (IA) génère une littérature abondante, avec force caricatures, propos alarmistes et tutti quanti. Sans oublier les déclarations d'Elon Musk, l'homme de Space X et de Tesla, qui nous met gentiment en garde... Hurlement de rire mais piège grossier dans lequel nos trouillards en costume foncent tête baissée. J'aime entendre les tycoons américains des technologies mettre en garde les peuples de la terre contre les systèmes qu'ils développent. Il ne s'agirait pas que nos propres entrepreneurs et inventeurs s'y mettent !
Histoire d'alimenter la confusion sur le sujet, voilà que surgit sur les écrans du monde entier le robot dit humanoïde Sophia, mis en scène par Hanson Robotics, laquelle n'oublie de préciser qu'elle est là pour dominer le genre humain. Ben voyons. Quand je regarde cette séquence j'ai l'impression de voir une version télévisée niaiseuse des expositions de monstres de foire que dénonçait le film Elephant Man. Je remarque au passage que cette version idiote de Frankenstein est une femme... Hanson Robotics mériterait d'être cloué au pilori du #balancetonporc. Jamais créature n'a aussi peu mérité son prénom !
Le boss de l'IA chez Facebook, Yann LeCun, ne s'est d'ailleurs privé de flinguer comme il convient ce numéro de prestidigitateur numérique.  Sophia n'est qu'une marionnette et Hanson Robotics des ventriloques.
Dans quelques semaines va sortir le rapport sur "La Stratégie Nationale pour l'Intelligence Artificielle", auquel s'est attelé le député Cedric Villani, le "matheux" moqué par Jean-Luc Mélenchon. Pour l'instant, son message consiste à rappeler qu'il ne faut pas craindre l'Intelligence Artificielle mais juste les hommes qui seront derrière. Sage remarque. Car vu le succès d'audience remporté par Sophia et ses concepteurs, il est permis de se dire que, s'il est difficile de mesurer l'ampleur des transformations que nous apportera l'IA, il n'est pas compliqué d'observer les ravages quotidiens de la bêtise naturelle !