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Le dindon, le cobra et le hérisson

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Si je devais décrire Donald Trump comme un animal, j’en ferai un dindon. Il est bête, coléreux et gourmand. Si je devais décrire Vladimir Poutine comme un animal, j’en ferai un cobra. Il est très venimeux, territorial et agressif. En ce moment nous voyons un dindon qui cherche à négocier « par la force » avec un cobra et qui se croit très doué pour cela. A-t-il une chance ? Pas sûr ! Selon mes recherches les plus approfondies, et vous pouvez naturellement faire confiance à mes remarquables connaissances scientifiques et naturalistes ( 😊), en cas de face à face entre le cobra et le dindon, en général, le cobra a l’avantage en raison de la puissance de son venin et de ses compétences de prédateur. Le dindon peut cependant lui échapper s’il court assez vite. Pour le dindon, la meilleure solution sera dans la fuite.  Des effets de surprise sont à prévoir. Je m’y attends. Les effets de surprise sont déloyaux en négociation, ce sera donc au menu. Si le cobra surprend le dindon, il peut ...

Pleurer l'Amérique

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  Quand j'étais gamin, je chantais à tue-tête une chanson de Joe Dassin : " L'Amériqueu, l'Amériqueu, l'Amériqueu je veux l'avoir et je l'aurai ". J'ai ingurgité quantité de westerns, j'ai imaginé être Zorro de Guy Williams ou J osh Randall alias Steve McQueen , j'ai bien aimé les aventures de  RinTinTin  ou de  Flipper le Dauphin , j'ai préféré de loin Tony Curtis à Roger Moore, bref, j'ai été le parfait petit gars biberonné aux fictions américaines des 60s.  Je n'en suis pas resté là évidemment et je ne vais pas faire la litanie de ces héros de cinéma : de Clint Eastwood à E.T, de Humphrey Bogart ou John Wayne à Robert de Niro ou Al Pacino, d'Indiana Jones à Butch Cassidy. Un jour le cinéma saura s'emparer de la bande qui vient de conquérir la Maison Blanche. Ce jour là, nous respirerons mieux. Un des grands profs croisé pendant mes études, Alfred Grosser, faisait remarquer qu'en 1933, dans la même année, la soli...

Ubu POTUS : sortir du cadre ou sortie de route ?

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  Qu’il s’agisse de Panama, du Canada, du Groenland et maintenant de Gaza, POTUS (acronyme désignant the President Of The United States) multiplie les déclarations sidérantes. Plus les choses avancent, plus Ubu s’affiche. Mais qui est Ubu ? J’espère bien sûr que l’immense majorité de mes très lettrés lecteurs savent qui est ce personnage inventé par Alfred Jarry à la fin du 19ème siècle, héros grotesque d’une pièce de théâtre, d’une farce, qui raconte la prise de pouvoir du père Ubu sur le royaume de Pologne.  Le personnage du père Ubu est, Wikipedia dixit, lâche, traître, naïf, bête, gros, méchant et cupide . Bref, POTUS a tous les attributs du père Ubu. Il n’est pas courageux contrairement à ce que veut faire croire sa légende ; c’est un traître, son ex-mentor Roy Cohne pourrait témoigner ; il est naïf, il croit qu’on le respecte ; il est bête, j’entends par là d’une inculture hallucinante ; il est gros, je ne vais pas vous faire un dessin ; il est méchant, il n’a d’ailleur...

Le Parti Socialiste dans sa courbe de deuil

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Finalement c'est assez distrayant d'observer le Parti Socialiste se débattre avec les " terrifiants pépins de la réalité ". Je présente toutes mes excuses à mes fidèles lecteurs et lectrices qui votent à gauche. Je les aime. Surtout ne pas prendre mal. C'est pas personnel.  L'Europe a la guerre sur son sol, le défi climatique est sous nos yeux déjà, le nouveau président (hélas) réélu à la tête des Etats-Unis flanqué de son majordome milliardaire balance du Scud à qui mieux mieux sur les réseaux plus sociaux du tout, et les députés français se prennent le chou pour la énième fois sur "la réforme des retraites" du très méchant, très vilain, très horrible Macron, le seul dictateur connu qui organise des élections qui lui font perdre son pouvoir un peu plus. Oh la la, ma brave dame, où va la France. Il en faut du temps aux socialistes pour accepter de reconnaître qu'on fait plus de vieux que de bébés aujourd'hui et que la retraite par répartition...

Le gala des mégalos

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Le titre de cette chronique m'est venu d'une chanson, " Des mégalos pour mes galas " qu'interprétait Au Bonheur des Dames, un groupe de rock parodique des 70s qui me faisait bien rire avec ses chansons à l'humour potache pas méchant dont nous avons, à mon avis, toujours bien besoin : " Sus aux faiseurs de soupe et à tous leurs fans, qu'un sang impur abreuve les sillons de nos 33tours ". Voilà des paroles d'une autre chanson de cet album culte qui nous remuent la conscience n'est-ce pas ? 😂 Toutes ces considérations sont bien sympathiques mais mon sujet rigole moins.  J'en ai d'avance assez des plastronneries que nous allons subir en provenance des Etats-Unis pendant au moins les quatre ans qui viennent. Et encore, si nous en restons aux vantardises, nous aurons de la chance.  Mais un certain nombre d'individus vont avoir envie de prendre au sérieux les frasques de gros Donald, d'Elon le psychopathe, de leurs émules fran...

Etre ou ne pas être bien au (télé)travail : quatre points cardinaux

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Je croise de nombreuses organisations qui sont en train de remettre sur le métier leurs accords de télétravail signés à la sortie de la période Covid. Le phénomène n'est pas hexagonal. Nous avons pris grand goût au télétravail, et cela semble bien naturel. Le télétravail a un parfum d'autonomie et toutes les études réalisées convergent pour montrer que l'autonomie au travail favorise la santé mentale. Je vous renvoie notamment à cette étude de la DARES  dédiée à l'impact de l'intensification et de l'autonomie au travail sur la santé mentale. La même étude analyse l'impact de "l'intensification" et en soulève naturellement l'impact négatif sur la santé mentale. Le problème est qu'il arrive hélas que certaines pratiques de télétravail génèrent un sentiment d'intensification. Le remède n'en est pas toujours un. Bref le télétravail recèle autant de pétales de roses que d'épines. Je vous renvoie à ce gentil post publié à l'é...

Un fils de guérillero à la tête de Sciences-Po

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J'avoue que, lorsque j'ai poussé pour la première fois les lourdes portes du 27 de la rue Saint Guillaume, je n'ai pas forcément imaginé que cette vénérable institution confierait un jour sa direction à un fils de guérillero. Mais, indéniablement, cela aurait renforcé ma sympathie pour cette école, même si, franchement, à l'époque, j'étais probablement assez loin d'avoir un look de guérillero 😎 Disons que j'aime bien me la jouer décalé mais là je portais un loden vert... L'histoire de son père, réfugié politique uruguayen, est en effet le point d'originalité de Luis Vassy, le nouveau directeur de Sciences-Po désigné ces jours-ci. Le reste de son CV témoigne d'un parcours très classique : l'ENA, l'ENS, la diplomatie, tout cela est très bien accompli. Il est de la même promotion ENA qu'Emmanuel Macron, donc on reste entre gens de bonne compagnie. Finalement, et sans rien connaître des deux autres candidats sinon ce que j'ai lu sur...