vendredi 1 janvier 2016

En 2016, vive les poissons rouges !

J'ai terminé 2015 par la lecture d'un bouquin que je recommande à chacun : "Les paradoxes du poisson rouge" de Hesna Caillau, aux éditions Saint-Simon.
Il y a dans ce petit bouquin, sous-titré "Une voie chinoise pour réussir", quantités de notations qui sont autant de bonnes résolutions que l'on peut prendre ou écouter en ce début d'année 2016.
L''auteure, née d'un père turc et d'une mère chinoise, diplômée de Sc Po et de sociologie, auteure de "L'Esprit des Religions" paru en 2003 (à lire aussi, en notre époque chargée), universitaire, est conseil auprès de chefs d'entreprise. Le poisson rouge dont il est question n'est pas notre benêt de bocal mais la carpe koï, très vénérée en Asie, où elle est symbole de chance, de succès, etc... Je vous renvoie à la littérature sur les carpes koï (plus de 400 000 résultats sur Google).
Ce qui est intéressant, c'est le lien entre le mode d'action et de vie des carpes koï comme de nos amis de Chine dans le vaste monde agité dans lequel nous nous débattons et tentons d'y voir clair. Bref, comment nous inspirer des carpes koï et de modes de pensée de nos amis de Chine pour affronter avec davantage de réussite les vents contraires ou les vagues ravageuses qui nous attendent et saisir aussi comme il convient les vagues et les courants porteurs que nous allons croiser dans les jours, semaines et mois qui viennent, et au-delà bien entendu !
Passons donc en revue les quelques préceptes de ce petit bouquin et voyons si ou jusqu'où nous pouvons les adopter comme résolutions de ce premier jour de 2016. Il y en aura 8, bien entendu, chiffre porte-bonheur selon la tradition chinoise.

- Première résolution : ne vous fixez à aucun port
C'est l'idée qu'il vaut mieux éviter les schémas préétablis, rester ouvert à tous les possibles, cultiver ses facultés d'observation et que le pire défaut est de vouloir avoir raison. J'ai l'impression qu'on a tous un peu de pain sur la planche !

- Seconde résolution : ne visez aucun but
Hesna Caillau fait remarquer qu'en chinois, "aller vers" se dit "aller entre", que, si dans la Bible, la vision du temps est celle d'une flèche tendue vers un but et marquée par des événements qui se suivent et ne se répètent pas, dans les Ecritures Chinoises, le temps est comme une spirale. Bref, pour les Chinois le chemin ne doit pas être tracé d'avance, il se fait en marchant. Comme le disent nos amis californiens qui fréquentent l'Asie de plus près que nous, c'est intéressant de cultiver le "Work in Progress". L'absence de visée ne signifie pas l'absence de vision, précise Hesna Caillau. C'est aussi l'idée qu'il est plus utile de s'adapter au monde que de vouloir à tout prix le transformer et que si nous cultivons nos muscles, les Chinois, eux, cherchent à développer leur souffle. L'Histoire récente montre que les Chinois ne sont pas extraordinaires dans ce domaine quand même. Mais peu importe. Je trouve la suggestion extrêmement intéressante.

- Troisième résolution : Vivez dans l'instant présent
Voilà déjà quelque chose qui nous parle plus vite. Le "carpe diem" rejoint la "carpe koï" (ah ah ah). L'idée surtout c'est d'être totalement présent à ce que nous sommes et à ce que nous faisons, de savoir tourner la page et non de ressasser. Quand j'écoute certains de nos dirigeants nous rabâcher des références historiques de plus d'un demi-siècle pour mieux se les envoyer dans la figure, je me dis que nous ne nous rendons pas service ! Je le vois d'ailleurs comme le symptôme d'une société qui effectivement est en train de vieillir, qui croît que le passé était mieux que le présent ou que le futur. Quelle tristesse ! Vraiment, nous avons grand besoin de cette résolution là en 2016, non ?

- Quatrième résolution : Ignorez la ligne droite
En 2016, apprenons à aimer les cercles. Pour les Chinois, approfondir est plus important que clarifier. Je vais avouer que c'est sûrement l'un des points qui me demandera le plus de boulot. Car les détails m'enquiquinent, pour parler sobrement. Mais j'aime aussi l'idée, si utile en négociation, que le contournement est plus important que l'affrontement. J'aime l'idée, cela ne veut pas dire que je suis un pratiquant expert. Nobody's perfect. Je ne me sens pas seul cela dit. Allez hop, résolution adoptée. En même temps, je me souviens de la blague de Ionesco : "caressez un cercle, il deviendra vicieux"... on peut s'amuser un brin avec cette résolution-là. Apprenons à dissoudre les problèmes au lieu de les résoudre, c'est un sacré programme. Les Chinois cultivent la stratégie du Chat... 

- Cinquième résolution : Sachez vous mouvoir avec aisance dans l'incertitude
Pour Sun-Tseu "c'est au moment où l'on a des certitudes que l'on perd la guerre". Alors, comme nous sommes en guerre... C'est aussi l'idée que rien ne dure, que tout est dérisoire, que même le déclin décline. Intéressant à méditer ! Hesna Caillau établit un parallèle avec la formule de Nietzche selon lequel "si tu veux savoir qui est le bon philosophe, mets les tous en ligne, celui qui rit, c'est le bon". J'aime être optimiste et j'ai surtout envie de le rester !

- Sixième résolution : Vivez en réseau
C'est l'idée que, si nous croyons que 2+2 font 4, pour les Chinois, 2+2 font 22 ! Je croise tous les jours bien trop de personnes qui négligent leurs relations avec les autres, n'y accordent d'importance qu'au moment où ils ont de ennuis, C'est un très grand dommage. 

- Septième résolution : restez calmes et sereins
Facile à dire, pas simple à faire. Et j'ai du boulot dans ce domaine ! Cette idée rejoint les réflexions que nous pouvons nous faire sur notre peur du vide. Je rencontre tous les jours des personnes préoccupées de remplir leurs agendas, et qui sont désarçonnées lorsqu'elles sont confrontées à ces périodes de transition que nous sommes tous appelés à vivre et qui chahutent fortement notre capacité à rester zen. Hesa Caillau nous explique qu'en chinois les arts martiaux se nomment "wu chi", ce qui veut dire "les arts du vide"...

- Huitième résolution : remontez à la source
Nous avons besoin d'avoir des racines et des ailes. Hesna Caillau raconte que la carpe koï remonte lentement  et avec persévérance les rivières, les torrents et les cascades jusqu'à la Source où, selon la légende, elle s'envolerait vers le ciel en se transformant en dragon ailé. Cela renvoie à l'idée, que nous autres Européens partageons pleinement mais que je vois tant d'entre nous négliger : nous avons tous une vocation unique mais il nous faut beaucoup de courage parfois pour devenir celui ou celle  que nous sommes appelés à être. 

Nous voilà équipés pour l'année et bien au-delà. Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs !

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