Chronique pro-robustesse et pas chaleureuse
Non seulement il n'a pas gagné....
Dans un récent numéro de ma "newsletter de la négociation" sur LinkedIn, j'ai pondu un papier intitulé "Il dit qu'il a gagné" sur l'accord signé entre Trump et le gouvernement iranien, à distance, sous les ors du château de Versailles.
Autant dire que j'avais de gros doutes...et je ne me suis pas senti seul évidemment.
Non seulement Donald n'a pas gagné grand chose sur le moment mais, plus le temps passe, plus il est embourbé.
Quand un narcissique majeur comme lui est confronté à une image peu flatteuse, que peut-il faire ?
Je parie sur la fuite en avant, et je me demande sur quel terrain celle-ci va se déployer.
Les Iraniens vont lui donner l'occasion d'être tenté d'en rajouter. Les provocations ne vont pas manquer, sur le thème : "il paraît que tu veux nous détruire, chiche !".
Comme Trump n'est pas "chiche" et qu'il n'en a peut-être même pas le pouvoir, cela limite la poursuite du film d'horreur sur ce strict terrain-là. Enfin, j'espère !
Il va trouver quelques dérivatifs : coller un surplus de droits de douane ici ou là par exemple. Son interventionnisme stupide pour faire sauter un carton rouge dans la coupe du Monde de foot (et au passage ruiner le moral du joueur leader de la sélection US), sa présence incongrue sur la photo de finale, à côté d'espagnols dont il est censé ne plus vouloir entendre parler, relèvent de ces pansements ponctuels.
Cauchemar US garanti
Le vrai miroir sera celui que lui tendront les électeurs américains aux "mid-terms" de novembre prochain. Le bestiau orange sent le vent et le tricheur compulsif qu'il est s'organise et me donne l'impression qu'il ne reculera devant rien pour garder la main.
Ce sera le comble de la manipulation. Celui qui a accusé les démocrates de tricherie sera à son tour accusé de tricherie par ces mêmes démocrates. Un partout, balle au centre, un chef d'oeuvre.
Je n'ai aucun doute sur le cauchemar que la démocratie américaine va vivre. J'espère juste que nous serons en mesure d'en limiter les effets sur nous, sur l'Europe.
Robustesse : le mot du moment
Si je compte bien, nous avons en effet au moins quatre sujets de préoccupation majeurs face auxquels nous devons travailler notre "robustesse".
Ce mot de robustesse s'est imposé pour qualifier le travail à faire face au réchauffement climatique et ses manifestations. C'est sûr que nous avons eu des démonstrations édifiantes de faiblesse... et je vois mal en quoi nous mettre encore davantage en vacances permettra de résoudre le problème.
Robustesse aussi vis à vis de notre grand voisin belliqueux, sur le flanc Est. Je suis à peu près certain qu'il est foutu désormais, en me demandant là aussi dans quelle mesure son écroulement élargira nos propres fissures.
Robustesse aussi vis à vis du camarade Xi et surtout de ses industries qui peuvent nous asphyxier de leurs productions. Là encore je vois mal en quoi la relance par la consommation prônée par les fabuleux économistes de la gauche française nous protègera de cette invasion.
Robustesse enfin vis à vis de notre ancien allié. Franchement nous allons devoir apprendre à tout (re)faire sans lui, des systèmes bancaires aux logiciels du quotidien sans oublier l'IA évidemment. Chantiers titanesques...Faisable ?
Alors quand j'entends certaines consoeurs plaider pour que "on ralentisse", bon, oui, je peux comprendre que tout cela semble épuisant et génère déjà un stress considérable et que leur empathie généreuse leur inspire cette demande, mais je n'y crois pas tellement, à la valeur du ralentissement.
Car même si je suis bien d'accord pour recommander souvent "d'aller lentement pour aller vite", j'ai plutôt l'impression qu'il est plus que temps de nous mettre en mouvement, même si ça nous donne chaud...
Et je suis bien embêté d'en arriver là car que je déteste avoir chaud !
Post-scriptum qui n'a rien à voir : un conseil de lecture pour tous ceux qui sont déjà / encore en vacances et qui ne connaîtraient pas encore, plongez sans attendre dans la lecture de la trilogie La Griffe du Chien – Cartel – La Frontière de Don Winslow. Chefs d’œuvre !

Commentaires
Enregistrer un commentaire