Après cet été antipathique, évitons la rentrée neurasthénique



Les petits chevaux de la rentrée

C'est donc "la rentrée", ce concept tellement français des gens qui partent en vacances. C'est bien, les vacances, on va pas se mentir. Pas d'inquiétudes, elles reviennent dans 8 semaines, faudrait pas exagérer.

Comme nous aurons la rude tâche de nous choisir un.e président.e de la République en 2027, la course des petits chevaux a aussi commencé, avec l'ensemble des médias en commentateurs et plus ou moins embrouilleurs du sujet, et je ne vous parle pas des réseaux dits sociaux, des Russes et des Trumpistes en embuscade. J'avoue que le démarrage de la course m'ennuie pas mal. Les deux cannassons les plus imbuvables de l'écurie font la course en tête et ceux qui pourraient mériter mon suffrage continuent à faire mal aux mouches en mesurant la taille de leurs biceps. Je n'exulte guère.

Nous sortons d'un été caniculaire, en feu, antipathique au possible. Les gloses sur le caractère éco-conscient des braves gens me laissent cependant fort sceptique. Exemple : au bord d'une forêt de pins, j'ai croisé pas plus tard qu'hier un individu Gen Z qui se promenait la clope à la main. Un cas à part ?

J'ai conscience du ton morose que j'adopte. J'aimerais que mes chers concitoyens cessent de se vivre comme des victimes, cessent de croire qu'une élection vaut sauvetage et cessent d'imaginer que les problèmes sont toujours insolubles ou jamais traités. 

La meilleure façon de marcher, c'est encore la nôtre

J'ai lu il y a quelques semaines dans Le Monde, une interview d'un des papes de l'écologie, Jean Jouzel. Il soulignait le caractère "solide" de décisions jadis prises par le Grenelle de l'Environnement lancé par  Nicolas Sarkozy, que le même avait fini par détricoter car "au bout d'un moment, l'environnement, ça commence à bien faire". 

Navrant détricotage bien sûr. Mais quels étaient les réactions à ce "Grenelle" à l'époque ? Allez je parie sur leur caractère négatif, dénonçant telle ou telle insuffisance. J'imagine en tout cas fort mal les écologistes à l'époque se féliciter des choix engagés et encore moins en créditer l'exécutif de l'époque.

Dans ce cas là, finalement, quand entre faire et ne rien faire ne change rien pour celui qui prend une décision, la pente naturelle est alors de ne rien faire. C'est triste et fréquent, je n'ose pas dire normal. 

Il est temps que nous réapprenions que "les petits ruisseaux font les grandes rivières" et que la notion de "grand soir", même peint en vert, est une illusion totale. Bref, apprenons à prendre ce qui est bon à prendre. Comme on le chantait dans les colonies de vacances : "la meilleure façon de marcher c'est encore la nôtre, c'est de mettre un pied devant l'autre et d'recommencer".

Il y a enfin cette merveilleuse habitude, qui n'est pas limitée aux sujets d'actualité, de voir les verres à moitié vides d'abord. Pour un média, un train qui arrive en retard est beaucoup plus intéressant qu'un train qui arrive à l'heure. Nous sommes cernés par nos biais de négativité. Pour en limiter les effets je recommande à tous de vous abonner à l'excellente newsletter "La Fabrique du Positif". 

Car il va nous falloir un peu de tonus pour résister aux vents contraires. 

Je lis par exemple que Michel Onfray vient de vendre son "Front Populaire" à Bolloré moyennant un chèque sympathique. La prime à la médiocrité. Le soi-disant philosophe s'était illustré par la défense de l'influenceuse pro-russe Xenia Fedorova. Tout cela donne la nausée.

La REF donne le ton ?

J'en étais là de ces réflexions vaguement neurasthéniques quand j'entends parler du débat entre candidats à la présidentielle aux Rencontres du MEDEF. Je suis donc allé jeter un oeil rétrospectif à l'événement.

Je ne sais pas si c'est le lieu ou l'auditoire qui ont aidé, mais, finalement, c'était mieux que pas si mal. 

Pas de surprise colossale rassurons nous mais, entre autres commentaires sur la forme des échanges, Edouard Philippe et Mélenchon ont l'air de pouvoir avoir une relation civilisée (Mélenchon avait jadis qualifié Edouard Philippe de "droite élégante"). 

Au-delà de cela, les uns et les autres ont évité de s'insulter comme sur de vulgaires plateaux télé. Le central de Roland Garros méritait un peu de classe quand même. Ensuite, finalement, quand on parle devant des patrons, des comportements d'entretien d'embauche remontent vaguement, donc on se tient correctement. Amusant.

Comme c'est affiché sur le Central : "la victoire appartient au plus opiniâtre". Qui le sera ? 

C'est une des forces des deux imbuvables : ils sont là pour la quatrième fois !! A force ils incarnent un truc, qui a hyper mauvaise haleine à mes yeux, mais bon, le manque d'incarnation est la faiblesse des autres. 

Retailleau achète ses costumes tout seul, mais c'est bien sa seule qualité ; Edouard Philippe annonce que son programme va être massif mais pour l'instant c'est du compte-gouttes ; Attal cherche à être créatif, mais bon, le buzz, ça va bien ; Glücksman a tellement besoin des socialistes qu'on en est triste pour lui ; Tondelier, bon, mieux vaut se taire que commenter. 

Parmi les grands succès cinéma de l'été, il y a eu les 2 épisodes de "La Bataille de Gaulle", Spider-Man et Odyssée. Trois films qui pourraient inspirer nos aspirants, trois éloges de l'opiniâtreté d'une certaine manière. En tout cas il est préférable que l'élection à venir ait une certaine profondeur de champ, et ne pas tourner à la farce comme l'a si bien réussi cet autre succès cinéma de l'été : "De la Comédie Française". 




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