lundi 11 juin 2018

Une photo épatante


Cette photo épatante a été prise par l'agence de presse allemande DPA.
Comme dirait l'autre, un bon croquis (en l'occurrence une bonne photo) vaut mieux qu'un long discours.
"L'autre" étant Napoléon, c'est vous dire si la citation est pleine d'à-propos !

Les amoureux de la communication non-verbale peuvent prendre leur pied avec cet instantané, ce pris sur le vif formidable.

Merkel, tout le corps en avant, met visiblement tout son poids dans la balance.

Shinzo Abe a par contre les bras croisés et l'air "droopy" plus vrai que nature. Il sait que cela ne sert à rien.

Macron est de son côté lui aussi en action de conviction, même si la photo le montre davantage de profil. Merkel ne sourit pas vraiment, lui un peu plus, sur le thème "bon, Donald, arrête ton cirque".

Quant au Donald, justement, bras croisés et l'air arrogant et moqueur, il est évident qu'il a l'air de s'en foutre comme de son premier hamburger.

C'est d'ailleurs le cas, sans aucun doute possible, il l'a dit en un peu plus de 200 caractères, une fois de retour dans sa niche Air Force One. Plus ça va, plus Trump me fait penser au clébard agressif de Tom et Jerry :


Plus sérieusement, Donald Trump est le profil le plus caricatural du négociateur dit "compétitif-agressif".

Basiquement, les profils compétitifs aiment gagner, ne perdent pas de vue (jamais !) leurs intérêts et sont évidemment de formidables ressources pour ceux qui les emploient. Ce sont des négociateurs dits "durs".
Nous avons tous du compétitif en nous, à des degrés divers.
Nous les opposons aux "coopératifs", assertifs et bienveillants, qui travaillent à protéger leurs intérêts en même temps que la relation.
Sous stress, le profil dit coopératif peut avoir tendance à devenir "soumis", au risque donc de perdre de vue ses intérêts. Un altruiste débordé, en quelque sorte.

Le profil compétitif dit "agressif", que je décris, par égard pour ceux auxquels je m'adresse, comme "sous stress" lui aussi, est aveuglé le plus souvent par son ego, ou par une vision particulièrement rigide de son mandat, et donc, à cause de l'un et / ou de l'autre, capable de mettre en danger la relation avec le(s) autres(s) pour pouvoir (se) dire qu'il a gagné coûte que coûte.

De façon schématique, le profil compétitif-agressif cherche à vaincre dans un rapport de force et se montre rigide, arrogant, hostile, intolérant, égoïste, agressif, violent... Nous en avons beaucoup dans nos rues et nos plateaux télé en France aussi, le Donald est un repoussoir pratique, mais bon, il n'est pas le seul de son espèce.

Donald pourrait se contenter d'être "compétitif-efficace", c'est à dire : dur toujours mais aussi observateur, bien préparé, ayant le sens du timing, toutes qualités que nous pouvons espérer le voir mettre en pratique face au petit père Kim, car dans le genre casse-noix, le Coréen du Nord en tient une sacrée couche également. Cependant, et c'est tout le drame avec le Donald, il est tellement pénible, notre "winner" du Potomac, que le bolcho coréen ou les turbans de Téhéran finissent par paraître moins pénibles que lui. C'est dingue.

Bon, il continue de pleuvoir des trombes mais Nadal a gagné Roland-Garros pour la onzième fois, c'était déjà ça ! Dans le genre "dur", il est réjouissant, l'animal (la photo est du Point).

Au moins les matches de tennis ne prétendent-ils pas être des négociations !