dimanche 22 juillet 2018

Benalla bla bla bla


Disons le carrément dans "l'affaire Benalla" sortie par Le Monde, tout est surjoué, de bout en bout.

J'aimerai bien savoir qui était le manifestant à qui cet Alexandre Benalla a éprouvé le besoin de régler son compte. Je ne trouve rien sur lui. C'est qui, un saint ?

Je me dis qu'au terme d'une première année de mandat où tout a été utilisé pour porter atteinte à la crédibilité du nouveau président, à sa dignité, à son honneur, etc..., des réformes importantes sont passées, les forces bloquantes habituelles ont échoué, au prix de millions perdus à la SNCF, de dégâts matériels insensés causés dans les facs par des groupes dont l'impunité est flagrante, et en plus l'équipe de France gagne la Coupe et fait la fête à l'Elysée avec des groupes de jeunes de banlieue ! Tout cela est inadmissible pour toute une clique qui s'apprête à prendre une claque de plus avec la réforme constitutionnelle, laquelle vise notamment à faire revenir le nombre de députés à leur niveau d'avant 1981.

Alors oui Benalla doit être sévèrement sanctionné, car c'est pas bien de péter la figure des bolchos. Mais quand j'entends Mélenchon parler de Watergate, je me dis qu'il a vraiment pris un coup de soleil, le Méluche. Finalement, Mélenchon, c'est le Benzéma de la politique. Doué et imbuvable. Pas dans l'équipe.

Je ne sais pas si les teigneux du Monde qui confondent Benalla et Ben Bella se rendent compte d'où l'on vient et comment nous sommes cernés. A force de faire du populisme à plein tubes tous médias hurlants, nous les aurons, les hyènes au pouvoir, comme les américains les ont eues, comme les anglais, comme les italiens, comme les polonais, comme les israéliens, comme les turcs... Tous ces dirigeants vulgaires, menteurs, tricheurs. Je trouve que ça devient sombre. En plus je relis Stefan Zweig et son "Le Monde d'Hier". Il y décrit très bien le rôle hystérisant des médias dans l'exploitation de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, que les Autrichiens détestaient et avaient rapidement enterré sans émotions, et qui pourtant va servir de prétexte à l'enchaînement calamiteux qui mènera à la première guerre mondiale.

Hmm, je fais monter le moral des lecteurs, moi.

En termes de communication de crise, voilà cependant comment je vois la chose :
- toute crise aigüe est précédée de signaux faibles. Je vais oser faire rentrer dans cette catégorie l'affaire de la piscine, celle de la vaisselle, celle du bus qui va trop vite, etc... Toutes histoires à la mords-moi-le-noeud qui montrent qu'une partie de l'opinion, et les médias qui l'écoutent, a envie d'en découdre avec le Président. Parce que, bon an mal an Macron avance et dérange les positions acquises à peu près autant qu'un pompier ou un agent des services sociaux dérange les trafiquants de drogue dans les cités ghettos.
- L'affaire Benalla est aujourd'hui dans sa phase aigüe typique avec montée d'adrénaline maximale, déluge d'articles, foutoir invraisemblable
- L'impératif de renouvellement médiatique fait que cette affaire devrait s'essouffler d'ici la fin de la session parlementaire qui a été prolongée jusqu'à fin juillet. Encore 10 jours. Nous allons entrer dès ce lundi dans la phase "chronique". L'affaire ne sera plus au top du top mais les braises seront encore chaudes et il ne faudra pas grand chose pour les rallumer. d'où l'intérêt que Macron a de se taire, Collomb de rester à son poste et aussi le "dircom" de Macron, l'ex-journaliste Bruno Roger-Petit. Le cadre est très fortement challengé, ce serait préférable qu'il ne craque pas
- En Août cette histoire devrait sortir des radars avec ce que nous appellerons la phase de cicatrisation. Cela fera mal encore mais il sera temps de tirer les leçons pour éviter que cela ne se reproduise. De toutes façons ne pas perdre de vue que toute crise est à la fois risque et opportunité. La grande question pour le mois d'août sera donc : quelles opportunités pour Macron et sa majorité grâce à cette affaire ?

Je ne doute pas qu'il y réfléchisse, et qu'il a donc bien raison de se taire pour l'instant !

PS le 27 juillet : Quelques compléments :
a) Alexandre Bénalla n'a "pété la figure" de personne, cela est devenu évident. Il aurait mieux fait de ne pas répondre à l'invitation que la police lui a faite. Le fait que la police lui fasse cette invitation, lui montre les images de vidéo-surveillance et lui envoie un DVD "pour sa défense" est de nature à nourrir chez moi les soupçons les plus vils.
b) c'est bientôt les vacances. Du coup les opposants sortent des motions de censure (chacun la sienne a priori, ou bien "on la votera mais on la signera pas", le ridicule ne tue pas) et surjouent la censure en clashant leurs commissions d'enquête. Rires.
c) les braves gens regardent tout cela d'un air ahuri
d) les chaînes d'info continues qui craignaient le désert des vacances et surtout d'après Coupe du Monde, se réjouissent de conserver quelques téléspectateurs.
e) Macron a réagi un peu trop vivement et un peu trop tôt à mon avis.
f) ce serait bien que certains journalistes évitent de donner des conseils de com'.... il est difficile d'être juge et partie. La pire intervention que j'ai vue est celle de Janique Halimi, du Parisien. Journaliste ou polémiste ?