mercredi 5 septembre 2018

Les larmes de Nicolas Hulot


Lors de la "cérémonie de passation de pouvoirs" (expression consacrée) au ministère de la Transition Ecologique, Nicolas Hulot était en larmes.

J'avoue avoir été impressionné par cette image. Je me dis que nous avons collectivement besoin d'en tirer quelques enseignements.

D'abord sur la cruauté absolue de la vie politique. La surabondance des commentaires, les piapias infernaux des chaînes d'information continue, les remarques vaseuses des observateurs, le foutoir innommable des réseaux sociaux, franchement, effectivement, il y avait de quoi pleurer.

Quand Nicolas Hulot a pris ses fonctions, que n'a-t-il pas subi comme commentaires malveillants. Et ceux qui le critiquaient le plus vertement quand il était en fonction sont naturellement ceux qui se sont mis à chanter ses louanges à son départ. Dans ce pays (voire dans d'autres), un responsable politique devient supportable lorsqu'il quitte ses fonctions. Le bal des faux culs est un sport très répandu.

J'aurais préféré qu'il reste, qu'il arrive à prendre de la distance par rapport aux contraintes insensées qui pèsent sur tous ceux qui prennent des décisions, se confrontent à l'adversité, cherchent à faire bouger les lignes que personne n'a très envie de voir bouger.

L'écologie est à la politique ce que la culture est au programme télé. Le peuple en réclame, mais personne ou presque n'y prête attention. Un bon diesel c'est comme une bonne émission de téléréalité, c'est moins fatigant. Et puis c'est toujours aux autres que chacun fait des reproches. Parfaitement inutiles.

Je n'ai rien de l'écolo militant. La décroissance m'ennuie, les vegans me cassent les pieds, le vélo n'est pas mon moyen de transport quotidien préféré, Eva Joly me sort par les trous de nez et je mettrai bien sous camisole ceux qui n'aiment pas les ondes de téléphone, les vaccins, les bouchers-charcutiers, etc... La bien-pensance écolo me donne envie de faire exactement le contraire. Bon, les foutaises de Donald me retiennent, c'est déjà ça.

Un très bon coach que je connais bien a écrit un papier en référence à Nicolas Hulot que je trouve excellent. Il trace un parallèle entre la détresse de notre ancien ministre et celle des "managers transversaux" que nous rencontrons dans toutes les entreprises du monde.

Nous sommes donc tous des Nicolas Hulot en puissance.

Séchons nos larmes et moquons nous de nos adversaires. Ils sont risibles et mous. Comme disait René Char dans une citation ultra-connue : "Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder ils s'habitueront".

No pasaran !

Post-scriptum : la citation de René Char est tellement connue que Chanel l'utilise dans sa campagne de pub "Révisez vos classiques". Je découvre cela dans le métro ce matin.