dimanche 13 octobre 2019

Jonathan Coe : mon antidote british à XDDL, aux mauvaises ondes du PAF et aux collapsologues



C'est sûr, quand mon beau-frère, un homme pondéré et raisonnable (et de goût), m'a annoncé "ils ont arrêté Dupont de Ligonnès", je me suis dit qu'on tenait là une info qui allait nous faire le week-end, histoire de nous changer de la mort de Saint Chirac, des Gilets Jaunes subclaquants, des protestataires du climat et des collapsologues de tout poil qui tiennent la grande forme par les temps qui courent si j'en crois ce débat à Sciences Po.

Coup de chance, j'avais autre chose à faire qu'à me ruer sur ces fichues chaînes d'information continues qui savent nous monter en épingle comme personne le moindre pet de travers de n'importe quel militant impliqué, concerné, dévoué, que sais-je encore, bref de n'importe quelle chaisière de toute cause qui a "des valeurs monsieur !". OK, ça va, je me mets au garde à vous et je rentre le ventre.

Bref je n'ai pas assisté au naufrage en direct du journalisme du buzz et du remplissage de vide. Une chance. Je me garderai de faire trop la leçon à ces pauvres forçats du breaking news, mais de temps en temps, ils lâcheraient prise, nous nous porterions mieux. Quant aux flics qui ont pris leurs téléphones pour alerter qui Le Parisien, qui l'AFP, qui Le Monde et consorts, je les mettrai bien aux arrêts de rigueur, comme tous ceux qui trahissent les procédures, le secret de l'instruction et bien d'autres choses encore, toutes attitudes aptes à faire péter le déconomètre de n'importe quel clampin.

Si, bien sûr, dans l'affaire XDDL, les choses sont surtout risibles, il n'en est pas de même pour les kilos de news hâtives et non vérifiées qui nous tombent dessus à tout moment. Le cas récent le plus exemplaire étant bien sûr l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, lequel était préoccupant évidemment, mais a donné de l'espace à quantité de fake news, prises de positions et commentaires hâtifs qui entretiennent une confusion très regrettable et peu capable de faire le monter le niveau. J'aimerai d'ailleurs dire aux ambianceurs de plateaux télé, ceux qui composent ces panels d'invités qui nous étourdissent de leur science ou de leurs témoignages, que les panels composés sur le mode un coup à gauche, un coup à droite en espérant que les invités vont monter dans les tours pour assurer le spectacle génèrent une ambiance épouvantable et n'éclairent en rien aucun téléspectateur.

Puisque j'en suis à faire le catalogue des séquences média qui me rendent scrogneugneu, est-il possible aux présentateurs.trices de la météo d'arrêter de se la jouer guilleret.e.s lorsqu'ils nous annoncent les températures très largement supérieures aux "moyennes de saison" ainsi qu'un week end "retour de l'été" à deux pas de la Toussaint. Faudrait savoir : ou Greta Thunberg est une prophète qui mérite le Nobel, auquel cas c'est une mine d'enterrement (de saison 😉) qu'il convient d'afficher ou on s'en moque éperdument parce que ce sont nos tenues d'été qui nous intéressent, auquel cas la Fifi Brindacier du climat retourne à l'école fissa et même plus vite que ça.

Bref, vous l'aurez compris, j'ai le PAF* dans le pif.

Alors pour me changer les idées et sauver mon humeur, je me suis réfugié dans les bouquins d'un romancier britannique que j'adore et que je recommande, à savoir Jonathan Coe (en photo). En plus d'avoir le même âge que moi, ce qui le rend éminemment respectable, le gaillard vient de commettre un roman aussi remarquable que drôle (voire hilarant pour certains passages) et attendrissant, qui s'intitule, en VF, "Le Coeur de l'Angleterre". C'est le roman du Brexit, cette tragédie d'outre-Manche, ce résultat de la stupidité dont les voiles ont été gonflées par l'amateurisme d'une foultitude de cafards dont pas mal sévissaient sur les ondes et évidemment dans les réseaux sociaux.

Je ne peux que conseiller la lecture du "Coeur de l'Angleterre" !



*PAF = Paysage Audiovisuel Français



dimanche 8 septembre 2019

Farces et attrapes de rentrée



Il y a quelques bonnes histoires à se mettre sous la dent en cette rentrée, comme on dit en France, puisque le concept de "rentrée" est extraordinairement hexagonal.
Je fais mon choix : le Brexit bien sûr, Salvini, les deux affreux du Nord et du Sud de l'Amérique et le duo Monsanto / Le Monde dont je n'ai pas encore fait mon miel, il est temps que je m'y mette, je tiens à être une abeille consciencieuse.

Brexit : ni Help, ni Let It Be, mais A Hard Day's Night

Commençons par un sujet que j'ai déjà abordé au moins deux fois : ici et , à savoir le Brexit et son héraut Boris Johnson.
A priori, ce que l'ami Boris est surtout en train de fracasser, c'est lui-même. Ne crions pas victoire trop tôt mais il semble bien parti pour sa vautrer dans les grandes largeurs.
Et pourtant il n'est point bête le camarade. Je ne le crois même pas imbu de lui même au point des autres branquignols de la scène internationale. Il a décidé d'y aller, alors il y va. Il manie le glaive à tour de bras contre ses petits copains tories, preuve s'il en fallait que tout ce psychodrame n'est que la résultante d'un débat interne non tranché entre conservateurs britanniques. Tout cela fait beaucoup de vent mais ne fait pas démarrer la mobylette. Michel Barnier, impavide et flegmatique, observe la scène comme nous regarderions un épisode de Kaamelott.

Donc, le 31 octobre, il ne se passera rien. Sinon la reprise d'un dialogue interne au Royaume qui aboutira à l'abandon pur et simple du Brexit. Tout le sujet est de savoir mettre un terme à cette histoire sans que personne ne perde la face. Comment trouver les mots qui réconcilieront ? C'est le seul enjeu en fait désormais.

Et on tuera tous les affreux (un sous-titre emprunté à un autre Boris)

Après la disparition dans un trou du fasciste 2.0 Matteo Salvini, le "The End" du Brexit sera une seconde bonne nouvelle. Car Salvini a disparu, certes pas complètement, ne soyons pas naïfs. Mais le champion des insultes en Europe a gagné le droit d'aller sur la plage. Respirons un peu.

Restent nos deux affreux du continent américain. Je ne leur donne pas longtemps, honnêtement. Bon, dans le cas du Donald, je prends un peu mes désirs pour des réalités pour l'instant. Il ne serait pas malvenu que ses adversaires deviennent un peu sérieux. Mais je crois que la lumière finit toujours par l'emporter. Par contre, le Donald nous a donné une leçon que nous avons besoin de retenir : ce serait bien que l'Europe sorte de l'adolescence et devienne adulte.
Quant à l'autre affreux du Brésil, il finira par tomber dans une embuscade. C'est un sous-capo di tutti capi, une petite racaille. Ces gens là finissent mal et vite en général. Je suis très optimiste.

En fait tous ces braves gens croient que celui qui gueule le plus fort est celui qui gagne. Une sorte d'internationale des gilets jaunes si vous voulez. L'Histoire montre que cela ne marche jamais et que tous ceux qui croient à cela finissent au fond d'une poubelle.

Lisez Steven Pinker ou des extraits de ses bouquins si leur poids vous impressionne, restez optimistes. On ne remporte pas des victoires en soupirant. Demandez à ceux qui, autour de vous, combattent ou ont eu à combattre des maladies longues et graves : ils se lèvent tous les matins avec toute l'énergie à revendre qu'ils sont en mesure de mettre et n'ont pas besoin de regards affligés.

Le Monde et Monsanto : jeu de dupes

J'attaque le dernier chapitre de cette chronique avec la belle histoire du Monde et de Monsanto.

Il y a quelques mois, Le Monde a sorti un papier de derrière les fagots comme il aime. Il portait sur la dénonciation des campagnes de lobbying de Monsanto, présentées comme des campagnes de fichage, de vols de données et de viols des consciences commises par le très affreux petit chimiste américain pour défendre ses produits, dont le très fameux glyphosate. Quand on lisait le dossier du Monde, l'histoire dépassait Cambridge Analytica en ignonimie. Et Le Monde était l'innocent agneau face au loup. Le quotidien portait plainte.

Bon, déjà, Cambridge Analytica ne m'effraie pas spécialement, alors j'avoue que la lecture du Monde m'avait fait intensément rigoler. Ce qu'il y a de bien dans le métier de lobbyiste, c'est sa discrétion. Du coup, quand ça sort, c'est un festival.

Le résultat des courses est moins spectaculaire que ne le prétendait l'article originel. Le Monde s'est d'ailleurs fendu cette semaine d'un article blouguiboulguesque où il sauve la face comme il peut en répétant sur l'air des lampions que le glyphosate c'est mal et Monsanto le diable mais un reste d'honnêteté intellectuelle les oblige à indiquer que, selon le cabinet d'avocats chargé de dépiauter l'affaire, les analyses, les cartographies d'opinions et les listes de personnalités destinataires des communications de Monsanto étaient des pratiques qui ne devaient poser de problèmes à personne.

En langage Le Monde, cela donne ceci : "la conclusion de Sidley Austin est qu’un tel fichage « n’a rien d’illégal ». Le cabinet d’avocats mandaté par Bayer estime que « les opinions sur un produit chimique, une technologie ou une entreprise » ne peuvent constituer des opinions philosophiques ou politiques et pourraient donc être colligées et stockées sans le consentement des intéressés. En outre, selon Sidley Austin, aucune information confidentielle ou obtenue de manière frauduleuse n’a été mise en évidence dans les fichiers consultés."

Bref, pschitt et re-pschitt. Evidemment, si vous lisez l'intégralité du papier, vous verrez que le journal se débrouille pour continuer à semer le doute. C'est ce que j'appelle sauver la face comme on peut.

Je vais finir par passer pour un défenseur de Monsanto et de son produit. Ce n'est pas le cas. C'est vrai, pour avoir oeuvré pendant plusieurs mois il y a plus de 20 ans, pour Fleishman-Hillard à Bruxelles dont Monsanto était le plus gros client, je vais être suspect bien sûr. A l'époque, ce qui occupait mon petit camarade en charge du dossier, ce n'était pas le glyphosate, c'était la biosomatotropine bovine. Une histoire que je réserve à mes meilleurs amis écolos, pour fins de banquets exclusivement :-), après la côte de boeuf sur barbecue.

En fait, ce qui vous vaut ce bout de chronique, c'est mon allergie aux croisades du Monde ou de n'importe quel média contre les "communicants" et les lobbyistes. Elles me font ricaner. 

La vertu des médias est une farce. Je veux bien reconnaître que pour faire mettre un genou à terre à Monsanto tous les moyens peuvent être bons. J'espère que les lecteurs du Monde n'en sont pas dupes.

Allez hop, amusez vous bien maintenant que vous êtes de retour à l'école !


mercredi 7 août 2019

Ah les vacances, c'est le moment de réfléchir à son travail !


Evidemment ce titre est une boutade, mais je suis tombé sur le dernier rapport annuel de l'APEC avant de me mettre au vert et du coup je trouve que cela me fait un joli sujet de chronique estivale, même si j'avais plein de tentations pour évoquer d'autres sujets, que je ne vais pas pouvoir m'empêcher de mentionner, car, mine de rien, j'y vois un rapport avec le rapport, justement.

Ces alarmistes qui nous mènent en bateau
Le rapport de l'APEC commence par nous remettre les idées à l'endroit sur la prédiction faite il y a quelques années par des cabinets de consultants (PwC est cité par l'APEC mais j'avais lu la même chose chez Roland Berger il me semble) et selon laquelle près de 30% des emplois étaient menacés d'automatisation massive. Pour l'APEC, qui le dit poliment, "ces projections paraissent aujourd'hui devoir être nuancées". Comme l'APEC a moins d'honoraires à gagner que PwC, ou Roland Berger, grâce à ce genre de statistiques, j'ai tendance à accorder davantage de crédit à l'APEC.
La statistique alarmiste avait naturellement inspiré quantité de gloses sur-alarmistes des prédicateurs de tout poil qui sévissent sur les chaînes d'information continue.
Ce qui me mène à évoquer, oh vite fait, les innombrables prédictions apocalyptiques qui sévissent avec gourmandise sur ces mêmes plateaux de la part des collapsologues dans la foulée de la Fifi Brindacier scandinave qui ne veut plus ni aller à l'école ni prendre l'avion. Bon, je suis conscient de flirter avec le crime en ironisant sur cette version proprette du garde rouge. Mais comme il y a des problèmes (pas "un", "des") à régler, les décrire comme un grand tout unique rend les sujets insurmontables, ce qui n'est pas la meilleure manière de les résoudre ni de trouver les moyens de s'y attaquer. Considérer des situations très diverses comme un grand tout unique mène à la démission, c'est à dire à rien... Voyez les larmes du père Hulot. Donc, à bas les collapsologues. Quant à Fifi Brindacier, si elle a envie de faire de la voile, c'est son affaire. Comment mieux dire que je trouve qu'elle nous mène en bateau.

Autonomie, capacité à communiquer, hybridation : l'avenir !
Le rapport de l'APEC pointe par contre la transformation dans l'exercice des métiers, sous l'effet des transitions numérique et écologique. Les enjeux majeurs des années à venir sont dans les capacités d'adaptation, de communication et d'autonomisation. Les compétences transversales et comportementales sont les compétences à développer. Un message que les Gilets Jaunes devraient écouter.
Pour le coup, je me frotte les mains. A priori c'est une aubaine pour mes honoraires 😂
J'y retrouve mon refrain lorsque j'échange avec des clients confrontés aux secousses qui affectent leurs équipes, leur organisation, leur marché. C'est douloureux car ces secousses tapent en plein milieu du besoin de contrôle qui affecte un grand nombre d'entre nous. Par exemple, renoncer au salariat, accepter la multi-activité, y compris au sein de ses équipes, c'est difficile. Ne voir qu'une seule tête et tout le monde en rang, c'était finalement plus simple. L'APEC souligne enfin qu'être un travailleur nomade ne signifie pas qu'on est un travailleur mercenaire. Merci l'APEC !

Vive les sciences molles
L'APEC fait aussi référence à un rapport de France Stratégie publié en 2018, lequel soulignait : "le système éducatif et la trop forte valorisation du savoir formel et académique sur le marché du travail restent un handicap majeur pour repenser nos organisations de manière plus inclusive et nous préparer à ces transformations". A la bonne heure !
Cela me fait penser à la réforme du bac cette affaire... Quand nous voyons le système debout sur les freins, chacun agrippé à sa matière... cela me rappelle ce client, une école de la CCIP, qui introduisait des "sciences molles" dans un cursus d'ingénieur très "sciences dures".... les profs de maths s'inquiétaient, il y avait péril pour la reconnaissance du diplôme par la Commission du Titre d'Ingénieur. Il n'en était ni n'en a rien été, fort heureusement, et voir des profs de maths s'inquiéter était pour moi une source de divertissement revanchard, mais bon, quel psychodrame. A l'échelle d'une école, il fut possible de le circonscrire. Le problème aujourd'hui est que cela se passe à l'échelle du système tout entier, en incluant les parents sous stress en plus. Nous n'avons pas fini de voir la FCPE sur les plateaux, hélas !

Quelques anecdotes pour conclure :
- quand je veux suspendre un abonnement "papier" pendant quelques semaines à un magazine d'information bien connu sans perdre pour autant l'accès aux infos numériques... ce n'est pas possible. Résultat je dois opter pour l'abonnement 100% numérique. Il me coûte trois fois moins cher... Tant mieux pour moi si vous voulez. En même temps j'ai du mal à comprendre certaines stratégies marketing.
- quand je cherche un DVD à la FNAC. Il n'y est pas. Nulle part en France. Par contre il était chez Amazon... tant pis pour la vertu made in France.
- quand un de mes copains de lycée vient de sortir au cinéma une comédie rigolote, sympa et familiale, il se fait défoncer par Télérama. Remarquez, pour lire l'article de Télérama dans son intégralité, il faut payer 1€, en attendant un peu plus, plus tard. J'ai économisé 1€. Pour être bien vu dans Télérama, mieux vaut faire dans le drame sous-titré en serbo-croate. Mon copain a une partie de ses origines en Pologne, il devra y penser la prochaine fois, à supposer qu'il ait envie d'une critique valable dans Télérama !

Allez, bonnes vacances !

dimanche 7 juillet 2019

Mention Pas Bien



Les enseignants se plaignent d'avoir perdu la reconnaissance que le bon peuple avait jadis pour eux.
La petite histoire des notes bloquées pour ce cru 2019 du baccalauréat ne va pas arranger l'affaire, je prends les paris.
Lu dans les journaux : un enseignant a déclaré qu'il ne leur restait plus que cette "cartouche à tirer". Ben voyons, les enseignants sont des chasseurs, maintenant.
Tout ça à cause d'une réforme.
Et tout ça en pure perte bien entendu.
Ce que j'en pense, au-delà de mes soupirs aussi navrés qu'exaspérés : ces enseignants-là ont complètement perdu le sens de leur métier.
Chaque année, le bac nous joue de mauvais tours : nous avions connu les "fuites", qui font annuler et recommencer les épreuves, les enseignants qui ne veulent pas surveiller les examens, etc.. Ce nouvel épisode souligne à nouveau le caractère de plus en plus "daté" de cet examen. Ce qui ne va pas, c'est le caractère "national", l'illusion du "tout le monde au même régime". Cela n'a plus aucun sens. Quand 80% de élèves le réussissent, que l'avenir des élèves se joue davantage dans Parcours Sup, je ne vois vraiment pas pourquoi nous continuons à vénérer ce pachyderme, cet examen lourdingue et ses procédures compliquées : pour avoir ses résultats, ma fille devait parcourir 60 km cette année. C'est ridicule. Tout cela pourrait être visible en ligne, sans mobiliser des trajets inutiles, bien souvent en voiture. Ah il est beau le bilan carbone du bac !
Vivement le bac local, en circuit court. Ce qui est bon pour les carottes ou les poireaux peut, peut-être, être bon aussi pour les examens, non ? C'est toujours une question de culture, finalement.
Quant à la question de la réforme, ce que j'en sais me plaisait bien. Des enseignants ne sont pas contents ? Qu'ils en discutent. Les passages en force façon Gilets Jaunes, cela ne donne rien, jamais rien. Jouer à King Kong ? Le destin de King Kong ne fait pas envie, si ?
Je me tiens à la disposition des DRH de l'Education Nationale pour la mise en place de grands programmes de formation à la négociation à destination de l'ensemble des personnels de cette administration gigantesque. Y-a-t-il des DRH à l'Education Nationale ? That is the question. Quand je discute avec certains profs ou que j'en fréquente d'autres, réunions de parents d'élèves obligent, cela ne saute pas aux yeux !

Quitte à surprendre le premier enseignant Snes-FSU venu, je lui dirai qu'il a davantage de points communs avec Donald "the great" qu'avec les hussards noirs de la République dont il descend ou le pédagogue qu'il entend être.

Pour un brave gars de gauche, ressembler à Donald le Grand, quelle honte tout de même.

La grande question, quitte à jouer les comparaisons est de se demander mais à quoi Jean-Michel Blanquer joue ? Est-il Xi ? Vladimir ? Emmanuel ? Angela ? bientôt Ursula ?

Terminons cette potacherie par la future arrivée aux manettes, sauf coup de théâtre, de l'infernal Bojo le clown d'outre-Manche. A propos du Brexit, son truc c'est de dire "Do or Die".... et bien, "die", old chap !


mercredi 5 juin 2019

Roger Hodgson, Supertramp et la négociation

Dans la foulée d'un concert donné à l'Olympia il y a quelques jours par Roger Hodgson, ex-chanteur du groupe Supertramp qui a bercé une grande partie de mon adolescence et bien au-delà, je me suis replongé dans l'histoire de ce groupe et j'y ai trouvé quelques éléments bien intéressants du point de vue de l'attitude en négociation et des conséquences que peuvent avoir ces attitudes à long terme.

Car la relation entre Roger Hodgson et son ancienne formation est une histoire tumultueuse, où se sont épanouies les incompréhensions mutuelles, la relation des uns ou des autres avec l'argent et bien sûr l'atmosphère électrique (forcément) qui peut entourer un groupe de rock, même "progressif", aussi successful que Supertramp à l'époque.

L'histoire (ou  ce que j'en ai compris) : premier round

Nous avons d'un côté Roger Hodgson, compositeur et interprète doué, au timbre de voix très reconnaissable. Il est l'auteur des plus grands succès du groupe et un jour, il décide de quitter le groupe.

De l'autre nous avons Rick Davies, autre compositeur et interprète majeur du groupe. Il se retrouve à la tête de la marque, et elle est très puissante, mais il a perdu une voix essentielle et surtout il passe un accord avec son ex-comparse, aux termes duquel le groupe ne jouera plus en scène les titres écrits par Roger Hodgson, et ceci alors même que les titres ont tous été co-signés (cf les pochettes de disque) par les deux ensemble, à l'image, de l'aveu de Roger Hodgson, de ce que faisaient McCartney et Lennon à l'époque des Beatles.

Bref, ce brave Rick Davies hérite d'une marque qui vient de perdre deux de ses attributs les plus populaires, les plus notoires et les plus reconnaissables. Bad trip camarade.

Au départ, Rick Davies va jouer le jeu. Le groupe sort de nouveaux albums. Mais le succès n'est plus autant au rendez-vous. Chez les fans, il y a toujours ceux qui préfèrent l'un à l'autre d'une part et, d'autre part, les groupes de rock se démodent aussi un peu parfois. C'est ce qui arrive au "son" de Supertramp, plus ou moins mais quand même un peu. Et puis Rick Davies n'a pas le talent de "faiseur de tubes" de son ex-comparse.

Donc, un jour, Rick Davies craque et balance dans un concert quelques morceaux du groupe parmi les plus réclamés par le public, dont le très fameux "Logical Song". Et, si j'en crois les gazetiers, il recrute même un chanteur dont le timbre de voix haut perché peut donner l'impression qu'il a trouvé un successeur à Roger Hodgson. En négociation, on appelle ça "un effet de surprise"...(c'est déloyal) ou "passer en force". L'accord trouvé n'était pas en phase avec les intérêts du groupe. Il est donc piétiné.

Premier enseignement de l'histoire : une négociation, ce n'est pas un processus pour trouver un accord, c'est un processus de création de valeur. Un accord qui ne crée pas de valeur n'est pas appliqué, ou alors pas longtemps. Demandez le programme à cette brave Theresa May (elle est anglaise aussi, comme Supertramp).

On va voir qui c'est Raoul (ou Roger plutôt) : second round

La déloyauté, malgré tous les arguments que les avocats vont sortir, ça ne marche pas. La relation était probablement déjà détériorée. Cela ne va pas s'arranger.
Si j'en crois des sources forcément partiales, Roger Hodgson va chercher à recoller les morceaux. Jolie démarche, constructive, avec des options sur la table, mais aucune ne marche.

Second enseignement de l'histoire : ce n'est pas parce que vous avez préparé des options magnifiques que vous allez "convaincre" l'autre. Les options, ma brave dame, c'est optionnel. Que cela ne vous empêche pas d'en préparer, bien au contraire. Mais les meilleures sont celles que l'on trouve ensemble.

Reste alors à Roger Hodgson à mettre en oeuvre ce qu'il peut décider à coup sûr sans que son ex-comparse ne le lui interdise : se remettre à son tour à jouer et rejouer ses chansons, en ajouter d'autres et cultiver son jardin en racontant son affaire aux médias sur un ton pas trop plaintif ni polémique. Il trouve le bon ton.

Troisième enseignement : dans une négociation, il est important d'avoir  une "MESORE" (MEilleure SOlution de REchange), quelque chose que vous pouvez décider de votre propre chef, certes moins intéressante qu'un accord, mais quelque chose qui vous permet de préserver vos intérêts.

Quatrième enseignement : dans une négociation, la communication est un élément clef. A la fois la communication avec l'autre partie, mais aussi la communication dans votre équipe (si vous êtes membre d'une groupe de rock par exemple, or Rick Davies va se fâcher avec tout le groupe) et enfin la communication avec l'ensemble des parties prenantes, en l'espèce les médias, le public, les fans,...

Au final

En plus de ses talents de compositeur et d'interprète, Roger Hodgson a des talents de communicant. Il rayonne plus que jamais, entretient la relation la plus chaleureuse qui soit avec son public. Bref, une vieillesse heureuse (plus de 70 ans quand même). Ses apartés en scène, en français dans le texte, sont évidemment très appréciés. En plus il est fait Chevalier des Arts et Lettres par notre ministre de la Culture (et il ne snobe pas l'affaire, lui, pas comme la très trash Blanche Gardin qui sait finalement ne pas être drôle)
Quant à Rick Davies, il a eu quelques ennuis de santé si j'en crois les blogueurs... et même quelques crapules se sont amusés à faire croire qu'il était décédé.... (un fan malveillant de Roger ?)
Cruel et très injuste.

Moralité: quand les alternatives sont plus mauvaises que l'accord, vaut mieux jouer l'accord. Pour des musiciens, quand même...

Post-scriptum pour ceux et celles qui aime le genre : concert top, j'y ai redécouvert ça




samedi 4 mai 2019

Les 4 ingrédients du sentiment de réussite



Chaque fois que j'échange sur le modèle Process Com avec un client et qu'il a répondu au questionnaire permettant de dresser son inventaire de personnalité, je lui remets un document récapitulatif signé de Kahler Communication dans lequel figure toujours un préambule qui rappelle quelques notions "de base" sur la réussite professionnelle.

A chacun sa réussite

La réussite est une notion très personnelle. Cela n'a pas forcément à voir avec le statut, le pouvoir et l'argent. Une évidence qu'il est souvent utile de rappeler, à rapprocher de la situation de la personne et qui finalement, nécessite de bien se connaître. Chacun a d'ailleurs le droit de la raccrocher à de l'argent, un statut ou un pouvoir. Cela peut changer dans notre vie, car nos motivations peuvent évoluer.

Les 4 ingrédients

- réussir passe par se fixer des buts qui constituent un défi tout en restant atteignables. C'est la fameuse règle de l'objectif "Smart" (spécifique, mesurable, atteignable, réaliste, dans le temps) enseigné dans toutes les formations au management. C'est là où l'on voit que lorsqu'une organisation en est à son "acte" quarante douze, il est permis de douter de son potentiel de réussite....

- il s'agit ensuite d'engager les ressources nécessaires à l'atteinte de son objectif. C'est souvent du temps, parfois des alliés, parfois de l'argent. Le moteur de la motivation se nourrit de tout type d'énergie. Mais les choses ne viennent pas toutes seules et nous sommes dans l'action pour les faire arriver.

- la réussite nécessite bien sûr d'atteindre le(s) but(s) fixé(s). Une nouvelle évidence !

- dernier ingrédient et pas le moindre, il sera indispensable de s'en réjouir ! Celui-là est bien souvent oublié, négligé et c'est un très grand dommage. Il arrive aussi que, une fois le but atteint, la personne n'en éprouve aucune satisfaction réelle. C'est une situation intéressante à décortiquer. Car elle renvoie au choix de l'objectif. La personne poursuivait-elle un objectif pour elle-même ou, ce qui arrive, pour faire plaisir à quelqu'un d'autre ou pour se conformer à une règle, un principe qui ne lui appartient pas vraiment ? Si c'est le cas, la joie ne sera pas au rendez-vous. Car, retour à la case départ, la réussite est une notion 100% personnelle.

Il est important d'ajouter que si l'un ou l'autre de ces quatre ingrédients manque, vous n'éprouverez pas de sentiment de réussite.

Et ensuite

Tout cela éclaire le travail personnel très exigeant que cela nécessite de notre part à tous :

- connaissez vous vous mêmes. Identifiez vos besoins, vos valeurs, vos croyances. Connaissez, voire acceptez vos limites.
- identifiez votre objectif et construisez votre stratégie
- mettez en place les ressources dont vous disposez ou que vous êtes allés chercher
- identifiez les critères de réussite. Cela revient vous demander : à quoi reconnaitrai-je que j'ai atteint mon objectif ? Qu'est ce qui se sera passé dans ma vie ? Qu'éprouverai-je lorsque j'aurai atteint cet objectif ?
- une dernière question, toujours nécessaire : qu'est-ce qui pourrait m'empêcher d'atteindre mon objectif , de mettre en oeuvre mon plan ?

Bonne route !

dimanche 7 avril 2019

Je serre pas la main d'un chef



Au milieu des années 80 le petit Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé assassiné dans la Vologne.
L'affaire avait défrayé la chronique.

De l'impact d'un canapé en cuir

Dans les innombrables anecdotes qui ont nourri le sujet il y a cette fameuse réplique du grand oncle du petit Grégory, l'ineffable délégué du personnel et syndicaliste CGT, Marcel Jacob, qui fut, y compris lors des derniers rebondissements, considéré comme un suspect très sérieux. Le grand oncle en question avait ainsi déclaré à son neveu, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, à l'occasion d'un conflit social dans la filature où ils travaillaient tous les deux, "je serre pas la main à un chef".

Jean-Marie Villemin avait été en effet promu contremaître. Il avait aussi (paraît-il !) une nouvelle maison et un beau canapé en cuir, et le "corbeau" qui le harcelait le traitait de "Giscard".

Pour tous ceux à qui le nom de cet ancien Président ne dit pas grand chose, rappelons-nous que Giscard, 93 printemps désormais, avait fait l'objet d'une grosse campagne d'attaques destinées à montrer qu'il se comportait comme un monarque et que d'ailleurs il gardait pour lui des diamants offerts par le très peu recommandable Bokassa 1er empereur de Centrafrique ! Ces attaques avaient porté, avait alors été élu Mitterrand, un homme vertueux entre tous comme chacun sait, qui ne mentait ni ne manipulait jamais, une sorte de saint laïc que la France a eu l'extrême bonheur d'avoir comme Président pendant 14 ans ! J'en frissonne d'émotion et les larmes me montent aux yeux rien que d'y repenser.

Le petit Grégory est donc très probablement la victime d'une haine sociale. Née dans les mots d'ordre de la CGT et l'abus d'alcool, dans un contexte où règne, désolé d'être aussi peu aimable, misère intellectuelle et sociale.

De Grégory aux Gilets Jaunes

Pourquoi revenir sur ce sujet aujourd'hui ? Parce que les Gilets Jaunes sont, vu de ma fenêtre, les héritiers ou les épigones de Marcel Jacob, tous ces valeureux représentants de ladite classe ouvrière et qui périssent d'envie et d'ennui dans leurs vies à découvert permanent.

Raison pour laquelle les Mélenchon, Ruffin et autres Martinez les défendent quoi qu'il arrive. Ils sont cette France que Macron est censé ignorer. Le petit Grégory est probablement mort de cette haine du canapé en cuir vu comme un symbole, au même titre que le Fouquet's a été incendié.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que l'incroyable succès médiatique, si j'ose parler ainsi, de l'affaire Grégory repose précisément sur ce contexte social. Pour des avocats comme pour des journalistes, il était hors de question que puisse s'ancrer l'idée que ce gamin avait été la victime expiatoire d'une crise de jalousie sociale. La classe ouvrière ne pouvait pas être une classe d'assassins de gamins de 4 ans. Egorger le bourgeois d'accord, mais s'en prendre à un gamin sans défense, ça pue le minable. Même phénomène avec nos Gilets : incendier le Fouquet's, c'est glorieux. Incendier un kiosque à journaux, ils sont moins nombreux à s'en vanter.

Ce déni de reconnaissance de ce à quoi peuvent mener l'envie et l'ennui social a fait deux grandes victimes collatérales : le beau frère, qui était peut être partie prenante mais qui a été assassiné par le père de Grégory ; et la mère elle même, accusée d'infanticide sous les incantations lamentables de cette vieille pythie de Marguerite Duras.

Dans la crise des Gilets Jaunes, les victimes collatérales sont tous les commerçants de centre ville un peu partout en France, et bien sûr leurs employés. J'attends avec impatience les plaintes sur les commerces qui désertent les centres villes. J'aimerai que Michel-Edouard Leclerc et ses comparses ne soient pas seuls sur le banc des accusés. J'aimerai y trouver Eric Drouet le tricard des poids lourds, Maxime Nicolle, le complotiste bavard ou toutes les autres soi-disantes "figures du mouvement" pour reprendre la litote aimable trouvée par la presse pour désigner ce qu'il serait plus clair d'appeler "les meneurs".

Des Gilets Jaunes à Theresa May

Impossible de terminer cette chronique mensuelle sans au moins quelques lignes sur cette pauvre Theresa May, porteuse bossue de cette croix qu'est le Brexit, décision grotesque et intenable. Je la plains encore un peu, malgré ses manipulations à la petite semaine qui d'ailleurs n'intéressent personne (genre : si vous signez l'accord je m'en vais.... ).

Le Brexit est une décision stupide, née de l'addition d'un processus manipulateur initié par David "Brushing" Cameron avec des sentiments de jalousie et de rancoeur sociale entretenus par les mensonges de Boris "Gugusse" Johnson. J'ai déjà écrit là-dessus.

Les Brexiters sont les Gilets Jaunes anglais, il y a une "Angleterre périphérique" encore plus sous l'eau que notre "France périphérique".

Sous l'eau, c'est le mot, comme l'était Grégory Villemin, 4 ans.


vendredi 8 mars 2019

Auto Promo

A propos de mon blog de "Chroniques" : certains le lisent régulièrement, d'autres s'y adonnent plus parcimonieusement. D'autres enfin ne le connaissent pas encore. Pour tous, session de rattrapage possible avec la publication de la compil' de mes "Chroniques en un seul blog et plusieurs morceaux", aux éditions des 3 Colonnes.
Vous pouvez d'ores et déjà le trouver chez Amazon
Ou encore chez Decitre 
Et bien sûr chez l'éditeur

Have fun et bonne lecture pour ceux qui s'y risqueront.

Je les ai classés par "genre" et je me suis risqué à y ajouter des "post-scriptum", histoire de voir dans quelle mesure mes "chroniques" résistaient au temps qui passe !

samedi 2 mars 2019

L'Amiral Larima



Dans "Paroles" de Jacques Prévert, l'un des textes s'intitule "l'Amiral" et m'a toujours bien amusé :
L'Amiral Larima
Larima quoi ?
La rime à rien
L'Amiral Larima
L'Amiral Rien

Quand je vois les jaunes du samedi  je ne sais pas pourquoi, mais je pense à L'Amiral Larima, Larima quoi ? La rime à rien....

Quand je vois les jaunes des ronds points, pour le coup, je pense à Raymond Devos dans son sketch fameux, où il est justement question d'un rond point.

Le côté anar de Prévert fait qu'il aurait sûrement eu un gros bout de sympathie pour les gilets. Mais Prévert avait du talent. Vous voyez du talent chez Eric Drouet, Christophe Chalençon, Etienne Chouard, Maxime Nicolle ?

Chez Ingrid Levavasseur, il y a au moins une sincérité, lire ici

Autres déambulateurs pénibles qui me font dire "La rime à rien" : les enfants soldats de l'écologie, avec leur Fifi Brindacier jeteuse de sorts en tête de cortège. Pour améliorer le sort de l'humanité sur notre jolie planète, il faudrait donc faire la grève des cours, de l'école, du collège, du lycée... je ne savais pas que nous avions besoin d'ignorance. Face à tous ceux qui nous font savoir qu'ils détiennent LA Vérité, j'ai envie de penser tout juste le contraire. Les détenteurs de vérité finissent tous par tourner en bourreaux, qu'ils soient vieillards ou prépubères. Cette semaine c'était le salon de l'agriculture et à Noël Mamère, Eva Joly et autres militants de la Cause, je préfère le témoignage de Céline Imart, à voir ici, il sonne moins creux.

Le César de l'Economie de "la rime à rien" sera décerné au "raid" batave sur Air France-KLM. C'est vrai, le nouveau boss avait l'air de commencer à redresser la situation. Il était temps que les actionnaires viennent lui scier les pattes. Tout ça dans un discours brouillon où il est question d'amour-propre national. Consternant. Les Hollandais ne valent pas mieux que nous.

Cela peut être dangereux un actionnaire, Etat ou non. En fait, j'en rencontre parfois qui sont de vrais shadoks de l'économie. Vous ne vous rappelez pas, ou vous ne connaissez pas les shadoks ? Il est temps de réparer cela. En deux mots, la voix de Claude Piéplu répétait : "et les shadoks pompaient, pompaient..."

Cela dit, ce n'est parce que la cupidité existe qu'il faut s'arrêter. Toute cette rhétorique du blocage me semble parfaitement inutile et illusoire.

Je suis un peu désolé de dire cela, mais à s'arc-bouter sur les CDI et les 35h, je ne peux que constater que mon pays a choisi le chômage et la pauvreté. Les Gilets Jaunes sont fauchés et le chômage baisse vraiment doucement. A force d'avoir si bien fermé les portes, plus personne ne sait les ouvrir.

Combien de personnes conservent un job mal payé et sans intérêt pour eux au lieu de faire ce qui leur plaît et ce dans quoi ils sont doués ? Ceux qui font ce qu'ils considèrent comme un "bullshit job" n'ont que ce qu'ils méritent finalement. Si ton boss est un Thénardier, quitte le. Travaille sur tes plans B, ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. C'est difficile ? Ben oui. Le salariat est mort, profitez en au lieu de vous plaindre. Toutes ces victimes dans les rues, voilà qui attire les persécuteurs.

Il paraît que le 16 mars, les Gilets Jaunes préparent une manif à tout casser. Une grosse fête quoi. C'est gentil de penser autant à mon anniversaire ! Tout ça pour rien, je ne serai pas au rendez-vous.

dimanche 3 février 2019

Où sont les abeilles, les papillons et les porteurs de thème ?




Ce post est une suite du précédent, avec ces références à la méthode du Forum Ouvert, de l'Open Space développée par Harrison Owen (l'homme en photo), fort utile à connaître pour structurer conversations, conférences et, pourquoi pas, grands débats, puisque les principes d'animation de l'Open Space s'appliquent aussi bien à des réunions de 5 personnes qu'à des rassemblements de plus de 2000 personnes.

J'en rappelle les 4 principes de base. Ceux qui trouvent cela trop elliptique sont priés de se reporter à mon post précédent (allez donc un peu naviguer entre mes posts, bande de petits feignants).
Principe n°1 : tous ceux qui viennent sont les bonnes personnes
Principe n°2 : ce qui arrive est ce qui doit arriver
Principe n°3 : quand ça commence c'est le bon moment
Principe n°4 : quand c'est fini c'est fini
J'en rappelle aussi la loi essentielle : la loi des des deux jambes !

Bon, maintenant, une bonne réunion s'appuie sur un ordre du jour clair pour tous ceux qui y participent. Quand un dirigeant et son équipe décident de lancer une réunion fondée sur les principes de l'Open Space, une grande partie de leur travail va consister à définir le thème central de la réunion, donc de l'invitation à lancer. Ils vont aussi définir la liste des invités / participants, sans prendre de précautions particulières vis à vis des préséances et autres hiérarchies connues ou invisibles dans l'organisation. C'est un travail.

Continuons notre petit jeu de la comparaison avec le Grand Débat lancé par Emmanuel Macron pour transformer la colère en prise de parole et recherche commune de solutions.

Au passage je suis d'accord avec l'idée. Si mes meilleurs lecteurs se souviennent de mon post sur les émotions, ils se souviendront que, comme la colère naît du sentiment d'un manque de respect, une façon de calmer le jeu est de questionner la personne en colère, de lui donner le temps, l'espace de s'exprimer, d'utiliser votre pouvoir de le faire réfléchir quelle que soit l'exaspération que sa colère crée en vous. Pensez à Henry Fonda dans "Douze Hommes en Colère".

Dans la comparaison avec le Grand Débat, le dirigeant est bien sûr Emmanuel Macron et l'invitation est la lettre envoyée à tous les Français que vous pouvez lire ici,

Nous sommes tous invités. Il y a 4 thèmes, chacun donnant l'occasion de poser plusieurs questions, certaines formant un tout d'ailleurs. Je compte pour ma part 20 questions réparties dans les 4 thèmes. Il y a enfin une date butoir : le 15 mars.

Pour une invitation dans un esprit Forum Ouvert / Open Space, il aurait été préférable d'indiquer les 4 grands thèmes en les exprimant sous forme de 4 grandes questions.

La force de l'Open Space est de générer de la créativité, à un niveau d'intensité jamais vue dans l'organisation qui le met en place, avec une implication remarquable, dont, bien entendu, le dirigeant et son équipe veilleront à ne pas en oublier l'impact.

Il y a pas mal d'ingrédients dans le grand débat qui montrent que tout cela mériterait une animation dans l'esprit de l'Open Space. Il manque cependant cette méthode, y compris quand Macron s'invite d'ailleurs dans telle ou telle réunion et même s'il y a un côté intéressant dans la manière dont il mouille la chemise et va au contact.

Pour réussir un Open Space, il y a trois ingrédients à ajouter aux 4 principes et à la Loi déjà mentionnés

Premier ingrédient : les porteurs de thème

Le porteur de thème est celui qui a envie de conduire une réflexion sur un des aspects liés au thème principal, car cet aspect le passionne. C'est ça qui compte, pas le fait qu'il y connaisse quelque chose ou rien du tout.

Pour donner aux porteurs de thème la possibilité de se faire connaître, l'animateur du débat prend bien soin :

- d'expliquer les règles de déroulement de l'Open Space, de rappeler le thème central, d'encourager tous ceux qui veulent s'emparer d'un sujet lié à ce thème à s'avancer au milieu du cercle, à indiquer le sujet qu'ils veulent traiter et à encourager tous ceux qui le veulent à le rejoindre pour y travailler avec lui
- de se taire et de ne pas craindre l'éventuel silence ou moment de flottement avant que le premier porteur de thème ne se manifeste
- de se rappeler que "ceux qui viennent sont les bonnes personnes", que "ce qui arrive est ce qui doit arriver" et que "quand ça commence c'est le bon moment". Et de savoir le rappeler à l'assistance, car les gens n'y sont pas habitués en général. Toutes ces règles donnent de la liberté et de la responsabilité. Il y en a toujours que cela inquiète.
- d'avoir prévu des espaces dans lesquels les porteurs de thème pourront se retrouver avec tous ceux qui partagent leur intérêt sur le sujet qu'ils veulent aborder
- d'avoir disposé la salle en un cercle si possible sur une seule rangée, facile à rompre. Eviter les doubles rangées, les tables, qui figent les positions.
- d'avoir prévu un "centre d'information", où chaque porteur de thème pourra venir avec les notes prises dans la discussion qu'il aura animé, afin que celles-ci soient récupérées et consignées, et affichées au vu de tous.

Dans chacun des espaces prévus pour les porteurs de thème, l'organisateur aura pris soin de laisser un document qui aide le porteur de thème à organiser sa discussion. Ce document comprend grosso modo 3 parties : le constat que les participants font sur le sujet, les suggestions qu'ils font pour améliorer la situation, les priorités qu'ils définissent pour agir.

Second et troisième ingrédients : les abeilles et les papillons

Tout cela fonctionnera bien si l'organisateur n'oublie pas de souligner l'intérêt de deux autres types de participants :

- les abeilles, ou bourdons : elles/ils vont d'un groupe à l'autre, butiner, polliniser, dire ce qu'elles veulent, rester longtemps ou 5 mn, car les abeilles ont bien compris la loi des 2 jambes. Leur grand intérêt, en plus de butiner chez l'un des trucs qu'elles peuvent exporter chez un autre est qu'elles évitent au porteur de thème de se sentir le "chef" de son groupe. Car si c'est le cas, le porteur de thème risque de voir partir son assistance et de se retrouver seul. Les abeilles sont des gilets jaunes exemplaires en fait.

- les papillons : ceux-là n'ont pas envie d'aller dans les groupes constitués autour des porteurs de thème. Ils préfèrent boire des coups à la buvette, papoter comme ils veulent, de temps en temps aller jeter un oeil au "centre d'information" pour voir ce qui ressort de ce machin, etc... Bref ils sont des centres de non-action. C'est très important ! Car quelque fois une abeille passe, boit un coup avec eux, capte un truc et va peut être aller le déposer dans un groupe. Remarquable effet de pollinisation !

Si j'en crois les récits des journalistes qui se promènent dans la France profonde, il y a parfois un peu de ça dans les grands débats qui tournent.  Mais pas toujours ! Je me console en disant "ce qui arrive est ce qui doit arriver".




mardi 1 janvier 2019

4 principes et une loi pour passer une bonne année 2019 !



Nous avons terminé l'année dans un sale état et c'était très dommage.

En tout cas, les comparaisons oiseuses avec 1968 sont désormais derrière nous. Quelques anciens combattants vont pouvoir rentrer chez eux en attendant le cimetière. Cela nous fera des vacances.

Elles seront cependant je crains de courte durée car 2019 va rimer avec 1789 et pour tous les canaric fanas du RIC et payés au SMIC, cela va hélas leur entortiller l'imaginaire. Cela ne devrait pas non plus déplaire aux indigents de la télé : comme Christophe Barbier et son écharpe rouge, Michel Onfray et ses plaisanteries dieudonnesques pour ne citer que deux personnages dont je ne peux plus supporter la vision, en plus de toutes mes têtes de turc habituelles.

Mais cessons ces jérémiades et venons en aux voeux que je peux formuler pour qu'il y ait du "neuf" effectivement dans cette année 2019. Pour les formuler, je vais piocher dans les préceptes de la méthode du "Forum Ouvert" ou de "l'Open Space" (rien à voir avec les bureaux paysagers), une méthode de résolution de problèmes qui nous vient du Canada, comme bien beaucoup de bonnes choses (j'ai écris ça avec l'accent).

Pour tous ceux qui s'intéresseront en détail à cette méthode, je recommande cela ou cela ou encore ce qu'en dit mon camarade, que dis je mon maître Philippe Slioussarenko 😁 ici.

Cette méthode est utilisable pour l'animation de réunion, la conduite de projets, l'analyse collective d'un problème à résoudre, la résolution de problèmes d'une manière générale. C'est dire si elle nous est utile dans ce pays en ce moment. Chaque fois que j'ai pu la mettre en place, ou contribuer à le faire, les résultats ont été étonnants de créativité, d'enthousiasme, témoignant de la capacité de l'être humain à dialoguer, inventer de nouvelles solutions, sortir des sentiers battus, réfléchir à plusieurs, faire appel à ce qu'il y a de meilleur en lui en fait.

Premier précepte : ceux qui viennent sont les bonnes personnes.
A l'échelle d'une réunion dans votre entreprise cela veut dire qu'il n'est pas utile que la hiérarchie se déplace pour qu'une réunion soit intéressante ou qu'elle débouche sur des idées valables ! A l'échelle d'un "grand débat national", cela veut dire que si celui ci réunit 60 millions de personnes ou juste quelques centaines, il aura tout autant d'intérêt ou d'importance. Si, si. A l'échelle d'une élection, cela veut aussi dire que les abstentionnistes ont toujours tort, comme les absents.

Second précepte : ce qui arrive est ce ce qui devait arriver
C'est un remarquable précepte pour supprimer les "on aurait pu", "on aurait dû", qui ne servent strictement à rien sauf à nourrir la mauvaise humeur. A l'échelle de votre entreprise, quand il y a un problème à résoudre, cela garde les personnes centrées sur ce qui se passe "ici et maintenant". A l'échelle d'un "grand débat national", cela revient à le lancer en se disant que ce qui s'y passera est la seule chose qui aurait pu s'y passer. Que sera, sera.

Troisième précepte : quand cela commence, c'est le bon moment
La créativité n'a pas d'horaire. Lorsque vous organisez un brain storming à 10h du matin, rien ne dit que l'inspiration sera au rendez vous dans le temps que vous lui avez imparti. De même, si l'inspiration et la créativité surgissent à la machine à café ou à l'heure du déjeuner, ne freinez pas, quand ça commence c'est le bon moment ! A l'échelle d'un "débat national", idem. Et c'est un joli précepte pour un premier janvier !

Quatrième précepte : quand c'est fini c'est fini
C'est un excellent principe pour gagner du temps et éviter l'ennui. Combien de réunions prévues sur deux heures, éclusées en 30 minutes et que nous continuons juste parce que nous avions prévu d'y consacrer deux heures ? ! Quitte à déboucher sur moins de résultats, à être obligé de fixer une autre réunion, alors que nous aurions pu passer à autre chose !

La loi des 2 jambes
A ces 4 principes, les Forums Ouverts ou "Open Spaces" ajoutent une loi baptisée "loi de mobilité personnelle" ou "loi des deux jambes".
Elle consiste à se dire que lorsque nous nous ennuyons quelque part, lorsque nous avons le sentiment de ne plus rien apprendre, de ne plus rien avoir à apporter, de ne plus être constructif, nous devrions rejoindre un endroit qui nous plairait davantage ! Cela ne sert à rien de rester là et de sentir malheureux. Prenons nos jambes à notre cou !
Je passe un temps infini à aider des personnes de toutes sortes à comprendre et à appliquer la loi de mobilité personnelle. Je ne connais personne qui n'ait pas les capacités à identifier et à rejoindre cet endroit qui leur plairait davantage.
La loi des 2 jambes aide à se responsabiliser, à comprendre que, si nous décidons de rester dans un lieu qui nous ennuie et nous fait perdre leur temps, c'est notre choix.

Avec tout ça, si vous ne passez pas une bonne année 2019... !!

PS : et lisez "Qui a piqué mon fromage" de Spencer Johnson. Ceux qui suivent mes conseils de lecture trouveront cela plus facile à lire que Steven Pinker 😎