mercredi 7 août 2019

Ah les vacances, c'est le moment de réfléchir à son travail !


Evidemment ce titre est une boutade, mais je suis tombé sur le dernier rapport annuel de l'APEC avant de me mettre au vert et du coup je trouve que cela me fait un joli sujet de chronique estivale, même si j'avais plein de tentations pour évoquer d'autres sujets, que je ne vais pas pouvoir m'empêcher de mentionner, car, mine de rien, j'y vois un rapport avec le rapport, justement.

Ces alarmistes qui nous mènent en bateau
Le rapport de l'APEC commence par nous remettre les idées à l'endroit sur la prédiction faite il y a quelques années par des cabinets de consultants (PwC est cité par l'APEC mais j'avais lu la même chose chez Roland Berger il me semble) et selon laquelle près de 30% des emplois étaient menacés d'automatisation massive. Pour l'APEC, qui le dit poliment, "ces projections paraissent aujourd'hui devoir être nuancées". Comme l'APEC a moins d'honoraires à gagner que PwC, ou Roland Berger, grâce à ce genre de statistiques, j'ai tendance à accorder davantage de crédit à l'APEC.
La statistique alarmiste avait naturellement inspiré quantité de gloses sur-alarmistes des prédicateurs de tout poil qui sévissent sur les chaînes d'information continue.
Ce qui me mène à évoquer, oh vite fait, les innombrables prédictions apocalyptiques qui sévissent avec gourmandise sur ces mêmes plateaux de la part des collapsologues dans la foulée de la Fifi Brindacier scandinave qui ne veut plus ni aller à l'école ni prendre l'avion. Bon, je suis conscient de flirter avec le crime en ironisant sur cette version proprette du garde rouge. Mais comme il y a des problèmes (pas "un", "des") à régler, les décrire comme un grand tout unique rend les sujets insurmontables, ce qui n'est pas la meilleure manière de les résoudre ni de trouver les moyens de s'y attaquer. Considérer des situations très diverses comme un grand tout unique mène à la démission, c'est à dire à rien... Voyez les larmes du père Hulot. Donc, à bas les collapsologues. Quant à Fifi Brindacier, si elle a envie de faire de la voile, c'est son affaire. Comment mieux dire que je trouve qu'elle nous mène en bateau.

Autonomie, capacité à communiquer, hybridation : l'avenir !
Le rapport de l'APEC pointe par contre la transformation dans l'exercice des métiers, sous l'effet des transitions numérique et écologique. Les enjeux majeurs des années à venir sont dans les capacités d'adaptation, de communication et d'autonomisation. Les compétences transversales et comportementales sont les compétences à développer. Un message que les Gilets Jaunes devraient écouter.
Pour le coup, je me frotte les mains. A priori c'est une aubaine pour mes honoraires 😂
J'y retrouve mon refrain lorsque j'échange avec des clients confrontés aux secousses qui affectent leurs équipes, leur organisation, leur marché. C'est douloureux car ces secousses tapent en plein milieu du besoin de contrôle qui affecte un grand nombre d'entre nous. Par exemple, renoncer au salariat, accepter la multi-activité, y compris au sein de ses équipes, c'est difficile. Ne voir qu'une seule tête et tout le monde en rang, c'était finalement plus simple. L'APEC souligne enfin qu'être un travailleur nomade ne signifie pas qu'on est un travailleur mercenaire. Merci l'APEC !

Vive les sciences molles
L'APEC fait aussi référence à un rapport de France Stratégie publié en 2018, lequel soulignait : "le système éducatif et la trop forte valorisation du savoir formel et académique sur le marché du travail restent un handicap majeur pour repenser nos organisations de manière plus inclusive et nous préparer à ces transformations". A la bonne heure !
Cela me fait penser à la réforme du bac cette affaire... Quand nous voyons le système debout sur les freins, chacun agrippé à sa matière... cela me rappelle ce client, une école de la CCIP, qui introduisait des "sciences molles" dans un cursus d'ingénieur très "sciences dures".... les profs de maths s'inquiétaient, il y avait péril pour la reconnaissance du diplôme par la Commission du Titre d'Ingénieur. Il n'en était ni n'en a rien été, fort heureusement, et voir des profs de maths s'inquiéter était pour moi une source de divertissement revanchard, mais bon, quel psychodrame. A l'échelle d'une école, il fut possible de le circonscrire. Le problème aujourd'hui est que cela se passe à l'échelle du système tout entier, en incluant les parents sous stress en plus. Nous n'avons pas fini de voir la FCPE sur les plateaux, hélas !

Quelques anecdotes pour conclure :
- quand je veux suspendre un abonnement "papier" pendant quelques semaines à un magazine d'information bien connu sans perdre pour autant l'accès aux infos numériques... ce n'est pas possible. Résultat je dois opter pour l'abonnement 100% numérique. Il me coûte trois fois moins cher... Tant mieux pour moi si vous voulez. En même temps j'ai du mal à comprendre certaines stratégies marketing.
- quand je cherche un DVD à la FNAC. Il n'y est pas. Nulle part en France. Par contre il était chez Amazon... tant pis pour la vertu made in France.
- quand un de mes copains de lycée vient de sortir au cinéma une comédie rigolote, sympa et familiale, il se fait défoncer par Télérama. Remarquez, pour lire l'article de Télérama dans son intégralité, il faut payer 1€, en attendant un peu plus, plus tard. J'ai économisé 1€. Pour être bien vu dans Télérama, mieux vaut faire dans le drame sous-titré en serbo-croate. Mon copain a une partie de ses origines en Pologne, il devra y penser la prochaine fois, à supposer qu'il ait envie d'une critique valable dans Télérama !

Allez, bonnes vacances !

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